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    October 28

    Elections US : Colin Powell fait état de menaces sur Obama


    http://hectoralvarez.com/wp-content/uploads/2008/10/obama-powell.bmp        http://i130.photobucket.com/albums/p257/djcheryl/Powell_1019.jpg

    Etrange déclaration de Colin Powell. Que risque-t-il de se passer le 21 ou le 22 Janvier 2009, un jour aprés l'investiture du nouveau président?
    inv
    Le 19 Octobre 2008, Colin Powell, ancien secrétaire d'état sous la première Administration de G.W.Bush, et général à la retraite, était l'hôte de la célébre émission sur la chaîne de TV américaine MSNBC , "Meet the Press" pour publiquement annoncer et expliquer son soutien au candidat Démocrate à la Présidentielle, Barak Obama.


    Lors de cette interview , Colin Powell a annoncé qu'il y aurait une crise le 21 et 22 janvier 2009, sans fournir plus de détails. Le journaliste de MSNBC qui l'interrogeait n'a pas non plus juger bon de lui demander des précisions sur ce qu'il entendait par une "crise". Celle-ci aurait donc lieu, selon les dires de Colin Powell, le lendemain et le surlendemain de l'entrée en fonction du nouveau Président des Etats Unis, en l'occurence Barak Obama le candidat qu'il soutient. Cette prédiction intervient au bout de 2 minutes 40 et on entend Powell dire : " il va y avoir une crise qui adviendra le 21 et 22 janvier dont nous n'avons même pas connaissance en ce moment même". Le futur Président des Etats Unis sera élu le 4 novembre et entrera effectivement en fonction le 20 janvier 2008.


    Ce n'est pas la première fois qu'est évoqué cette période de prise de fonction de Barak Obama si c'est lui qui remporte les élections présidentielles, ce qui semble acquis selon les derniers sondages annonçant qu'il devance largement John McCain le candidat Républicain. Hillary Clinton, adversaire malheureuse de Barak Obama à la course à l'investiture Démocrate, avait fait à l'époque des déclarations affolantes faisant froncer les sourcils de certains à Washington.


    Clinton avait évoqué la possibilité d'une attaque terroriste juste après l'entrée à la Maison Blanche de Barak Obama, affirmant qu'elle serait mieux à même d'affronter la situation que lui. Elle avait fait remarquer que le lendemain de la prise de fonction du premier ministre britannique, Gordon Brown, il y avait eu une tentative avortée de double attaques à la bombe à Londres et à Glasgow.. Elle avait dit à l'époque : " Je ne pense pas que ce soit par accident qu'Al Qaeada ait décidé de tester le premier ministre.. Ils suivent nos élections de manière aussi assidue que nous le faisons, peut être même plus assiduement que certains de nos concitoyens le font... N'oublions pas que vous allez élire un Président pas simplement pour faire ce qu'un candidat dit pendant la campagne électorale, mais vous voulez aussi que le Président soit là dans les moments difficiles".


    Elle avait aussi évoqué lors de sa campagne, provoquant un tollé général, la possibilité que Barak Obama soit assassiné comme l'ont été John Kennedy et Martin Luther King.


    Autres paroles qui vont dans le sens d'une possible "crise" immédiatement après l'entrée en fonction de Bara Obama comme Président, celles prononcées par le co-listier d'Obama, Joe Biden, réputé pour faire des gaffes lors de ses interventions publiques. Biden a parlé des premiers 90 jours de la présidence d'Obama comme de "90 jours de crise".


        Bref de quoi s'interroger par anticipation sur cette "crise" triplement annoncée.

    Qu'elle sorte de crise ?

    Provoquée par quoi ?

    Par qui ?

    Dans quel but ?



    Une opération type faux pavillon comme semblent avoir été les attaques du 11 Septembre 2001, selon les informations de plus en plus nombreuses qui font surface et abondent dans ce sens ?


    Obama, quant à lui, a commencé à parler prudemment - pour ne pas laisser croire que tout est déjà joué dans cette présidentielle - de son activité post élection entre le 4 Novembre et le 20 Janvier, période de transition qu'il aurait prévu d'organiser pour faire en sorte qu'elle se passe le plus calmement possible (le "calme avant la tempête" ?). Il a révélé avoir mis en place des équipes de travail pour s'occuper de la politique financière et étrangère, et a annoncé son soutien à la conférence sur la crise financière mondiale qui doit avoir lieu aux Etats Unis le 15 Novembre et à laquelle doivent participer les chefs de gouvernements des pays du G8 plus certains dirigeants de pays émergents. Il a déclaré que "l'Amérique doit diriger et d'autres nations doivent faire partie du processus" reaffirmant la position toujours adoptée par les dirigeants américains, Démocrates et Républicains, de domination mondiale américaine, même si elle est parfois teintée de coopération multilatérale quand la situation l'exige, ce qui est la cas en ce moment les US traversant une crise sans précedent.
    inv
    Source : Planetenonviolence





    OGM : des réunions secrètes pour les imposer à l'Union Européenne


        http://carolynbaker.net/site/images/monsanto.jpg

    Ce dimanche, The Independent on Sunday révèle un scandale au niveau européen. Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne se réunissent en secret pour accélérer les processus d’autorisation des cultures OGM, contrer les opposants et rassurer les populations en faisant intervenir les représentants de l’industrie. L’artillerie lourde est de sortie...

    Dimanche 26 octobre 2008, The Independent on Sunday nous livre la synthèse de quelques documents confidentiels plutôt étonnants. Des réunions secrètes ont été convoquées par Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne et présidées par son chef de cabinet, Joao Vale de Almeida. A la demande de Barroso, chaque Premier ministre des 27 a nommé un représentant spécial. Pour la France, il s’agirait d’un "collaborateur proche" de Nicolas Sarkozy. Au menu de ces petites sauteries privées, un sujet urgent et hautement stratégique : trouver les moyens d’accélérer la culture des OGM et de persuader les citoyens européens de les accepter.

    LMOUS Court-circuiter le Conseil des ministres et contourner le blocage "démocratique"

    En Europe, actuellement, les populations y sont majoritairement opposées, même dans les pays qui les autorisent, comme l’Espagne. Ce qui force les gouvernements à bloquer certaines décisions au niveau du Conseil des ministres. Mais la Commission européenne n’est pas tenue de demander leur avis aux gouvernements, ni aux députés européens. Elle n’est pas tenue non plus de s’expliquer devant aucune juridiction, c’est aussi cela, l’Europe ! La Commission européenne va donc imposer ses choix, comme elle en a le droit. Et ces réunions confidentielles sont destinées à arrondir les angles.

    Réunions secrètes OGM Les industriels à la manœuvre, Monsanto en tête

    Les conclusions de ces réunions montrent clairement que les 27 souhaitent "accélérer le processus d’autorisation en se basant sur des évaluations solides, afin de rassurer l’opinion publique". Et la meilleure façon de rassurer l’opinion publique, pour nos dirigeants, est d’inciter les représentants de l’agriculture et de l’industrie – exemple au hasard, Monsanto – à se faire davantage entendre pour contrer les écologistes. Et les documents livrent, pour finir, quelques conseils courtois : pour "s’occuper au mieux de l’opinion publique", il faudrait "un dialogue non passionnel et basé sur les normes très élevées de la politique OGM de l’Union européenne". Barroso, lui-même, y insiste d’ailleurs sur "le rôle de l’industrie, des partenaires économiques, de la science pour participer activement à un tel dialogue", pour rassurer des "citoyens qui se sentent mal informés". Car, ajoute-t-il, le débat "ne devrait pas être laissé à certains groupes qui y trouvent un intérêt légitime mais matériel". Tout un programme.

    Jusqu’à présent, l’industrie des biotechnologies reste sur la défensive. Ses arguments sont principalement que les OGM réduisent la consommation de pesticides et sont indispensables pour alimenter la planète. Des arguments qui tenaient tant que les cultures restaient confidentielles, mais qui, aujourd’hui, sont largement contestées. Il ne fait cependant aucun doute qu’avec des coachs de la trempe de Barroso et Sarkozy, les industriels sauront rebondir et trouver de nouveaux arguments pour nous rassurer... secrètement.

     (Sources : Les mots ont un sens, The Independent, Amis de la terre)


    http://www.emarrakech.info/photo/716345-860297.jpg


    Commentaire : Encore une fois, nos stratèges politiques non élus au niveau Européen nous préparent un nouveau déni de démocratie, après celui que nous a imposé l'actuel président (de France et de l'Union) au dernier référendum Européen pour le traité de Lisbonne.

    Il reste que nous sommes appelés aux urnes, comme 350 millions d'électeurs pour élire nos députés respectifs qui devront siéger au Parlement, le 7 juin 2009.

    Souhaitons que d'ici là, la démocratie, tant locale qu'Européenne, reprenne le dessus sur les tenants de l'hyper-capitalisme de ces affameurs de producteurs d'OGM... Il y va de notre liberté future mais et surtout, de notre santé, qui, contrairement à l'ensemble de nos gouvernements corrompus, n'a pas de prix. Cà ne dépend que de nous.




    October 26

    Braquage mondial dans la Banque

     

    Les portes-flingues de l’UMP, et en particulier le consternant F.Lefebvre, manient fréquemment le thème de la prise d’otages. Surtout quand il faut vomir les mouvements sociaux et la défense des droits acquis. Mais quand il s’agit de colossaux fonds publics déployés pour éponger les dettes de jeux de banques d’affaires, ces plantons du néo-libéralisme utilisent un langage bien plus ouaté, évoquant le refinancement, la stabilité.

    Les sociétés financières, si on emploie la sémantique de l’UMP (pour l’exemple français) pratiquent une vraie prise d’otages à l’égard des États. Et il ne faut pas se fier au coryphée de l’Europe qui fait des moulinets avec son sabre en bois, pour penser que les choses vont changer.
    D’abord, un plan de communication savamment orchestré avec un leitmotiv, “Sauver les banques !”. Pas franchement rallié à cette idée, le citoyen se dit plutôt que sauver une bande de pitres en complets anthracite relève, soit de l’assistanat débile, soit du suicide économique à moyen terme (s’il est (vraiment) libéral). Ces tristes sires, chevaliers blancs de la liberté d’entreprendre bâfrent depuis des lustres, squattent l’olympe symbolique de la société mondialisée post-moderne. Il serait de bon aloi aujourd’hui de lancer une bouée à ces disciples du risque et de la responsabilité ? “Mais c’est une obligation !” martèle-t-on. A droite comme à gauche. Sans ça, l’Armageddon économique. Rien n’est épargné par les médias en croisade, de toute obédience. Pour convaincre le gauchiste on dégaine “les pauvres seront les premiers à pâtir de la crise”. Désopilant, ils ne subissaient aucun désagrément auparavant, vivaient même dans un certain confort. Et on évoque un collapsus général, ciblant le social-démocrate de droite qui frémit en pensant à son assurance-vie soufflée comme du pollen dans la tempête. Brrr… Flippant. Il est fascinant de constater qu’une partie de la classe politique qui a fait carrière (dans les partis ou les organisations internationales) sur l’idéologie de la finance et de la spéculation est aujourd’hui en première ligne pour exhorter à la règlementation. Au premier chef, l’incontinent D.Strauss-Khan, grande figure contestataire en France, qui a brillamment réussi à s’imposer dans les arcanes du FMI New-Yorkais.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/file/500074.jpg

    De plus, il existe des raisons factuelles à ce gigantesque hold-up.
    Les États pratiquent le désarmement unilatéral face aux puissances
    financières depuis près de 20 ans. Quand ils gardent quelques munitions,
    c’est pour appuyer (paradoxalement) les établissements financiers vers
    plus de dérégulations (liberté dit-on en libéral). P.Beregovoy, autodidacte
    dépressif du parti socialiste a signé l’arrêt de mort de la régulation financière
    en 1986, sous les acclamations d’une grande partie de son camp, la gauche.
    Ce ne fut qu’une première étape vers la “modernisation” des marchés
    financiers et la marche forcée vers le paradis du libre échange et de la fluidité
    des fonds pour tous, une sorte  de démocratie populaire (financière).

    Les gouvernants successifs ont oublié un précepte simple qui veut qu’une puissance va jusqu’au bout de ce qu’elle peut, et ne s’arrête que lorsque elle rencontre une énergie au moins égale à la sienne*. A force de désarmer et de jouer contre ses intérêts (c’est à dire celui des citoyens), l’État a organisé lui-même son impotence. Le rouleau compresseur de la spéculation déferle depuis vingt ans à intervalles réguliers et les conséquences sont là : 1987 krach, 1992-1993 crise monétaire européenne, 1997 crise financière internationale, 1998 crise financière internationale, 2001 implosion de la bulle internet.

    Alors on dépoussière les hochets de circonstances : la moralisation, la prise de conscience, la refonte du système, etc…

    On mouline comme jamais !

    Des États, dits en faillite, octroient des lignes de crédits à des établissements notoirement défectueux. Et ce, dans une surenchère qui au milieu du mois d’octobre 2008, s’élève à 1 700 milliards de dollars. A titre comparatif, un plan humanitaire d’investissement qui viserait à faire reculer durablement la famine, conséquence d’une crise alimentaire beaucoup moins anxiogène pour les instances internationales, s’élèverait à…30 milliards de dollars**.

    L’assistanat aux banques est consenti sans contrepartie. Elles gardent la totale indépendance sur les engagements spéculatifs, ainsi que le contrôle total du conseil d’administration. Parmi le grand zéphyr de promesses, on en retiendra une cocasse qui vise à démanteler les paradis fiscaux, faite par J.C.Juncker, premier ministre du…Luxembourg, paradis fiscal.

    Un martelage idéologique, davantage pugnace envers les faibles (citoyens revendicatifs) qu’envers les forts (technocrates de la devise), assorti d’une réelle infirmité de la puissance publique conduit à ce mirifique braquage. Plus de 3 milliards d’otages, dont une bonne partie située en occident, affectée subitement du syndrome de Stockholm.

    *F.Lordon à propos des marchés

    ** Selon la FAO

    October 21

    Crise : le pire est peut-être devant nous par Jean-Michel Quatrepoint



    http://www.causeur.fr/images/causeurlogo.jpg

     Dans La Crise globale,son dernier livre, le journaliste Jean-Michel Quatrepoint montre comment Wall Street a gagné contre Main Street.(interview avec David Martin-Castelnau).
    Plus qu'un krach boursier, la crise à laquelle nous assistons aujourd'hui est, d'après le journaliste économique Jean-Michel Quatrepoint, le révélateur d'une crise plus profonde encore, celle de tout un système : celui de la globalisation...

    Après la lecture de cet article, plus jamais vous ne verrez le monde économique du même oeil et comprendrez comme moi, j'espère, les tenants et aboutissants de cette période noire dont nous subirons tous les effets tôt ou tard, certains plus que d'autres, vous devinez qui ?...

    Jean-Michel Quatrepoint est journaliste, directeur de La Lettre A. Il vient de publier : "La crise globale. On achève bien les classes moyennes, et on n'en finit pas d'enrichir les élites" (Mille et une nuits).
    David Martin-Castelnau Grand reporter au magazine "Optimum", il est notamment l’auteur des "Francophobes" (Fayard, 2002) et publiera prochainement "Ecoute Ismaël ! Histoire, Islam & Repent

    Vous reprochez aux élites occidentales de ne “jamais relier les problèmes entre eux”, de ne jamais admettre devant les opinions publiques que c’est le système dans sa globalité qui s’est déréglé : la crise financière, concomitante à la sortie de votre essai, n’a-t-elle pas mis en évidence le contraire, en contraignant les grands argentiers à se concerter et à annoncer ce lundi 13 octobre un “plan global” ?
    Il pouvait difficilement en aller autrement : toutes les places financières s’écroulaient en même temps et les banques tremblaient sur leurs assises ! Mais dans un premier temps, ne l’oublions pas, nos dirigeants prétendaient que l’Europe était à l’abri… Et le plan Paulson, avant d’être remanié, visait essentiellement à voler au secours de l’élite financière américaine. Seule la violence de la crise, son accélération subite et sa propagation à toute l’économie, par l’assèchement brutal du crédit aux entreprises et aux particuliers, a obligé les dirigeants a envisagé des solutions de grande ampleur et, surtout, communes. Il y a encore quelques jours, Angela Merkel ne voulait tout simplement pas en entendre parler ! C’est donc la peur qui a motivé cette concertation, et non pas une réflexion de fond sur ce qu’est devenue l’économie mondialisée. Le travail d’analyse sur les trente dernières années n’a pas été fait par les élites à commencer par les élites américaines – républicaines mais aussi démocrates. Çà et là, quelques critiques du système se font jour, certes, mais pour l’essentiel ce sont surtout les “excès” du système qu’on déplore et non pas son fonctionnement. Or, ainsi que je l’explique dans mon livre, nous ne sommes pas confrontés à une énième crise d’ajustement, comme on a pu le dire des bulles “Internet” ou des “subprimes”, mais à la crise globale et profonde d’un système né il y a 27 ans avec la victoire de Ronald Reagan.

    Selon vous, en effet, le système qui vacille aujourd’hui est le résultat d’une “révolution idéologique” mais aussi d’un triomphe géopolitique complet, et souvent mal perçu, des Etats-Unis à la fin du XXe siècle…
    Absolument. C’est la conjonction de ces deux bouleversements, l’un dans l’ordre de la représentation du monde, l’autre dans son organisation politique et économique, qui a permis la naissance de cette économie globalisée dont les principaux traits sont la prédation et la financiarisation, et qui est aujourd’hui à l’agonie. Commençons par la révolution idéologique : en 1981, Reagan arrive au pouvoir aux Etats-Unis, précédé de peu, en Grande-Bretagne, par celle qui deviendra sa fidèle alliée : Margaret Thatcher. Les deux chefs d’Etat sont confrontés à un problème bien réel : la dégénérescence de l’Etat providence. Les entreprises, à l’image d’IBM et de General Motors, sont devenus des géants arthritiques, les administrations se mêlent de tout, paralysent tout, les syndicats très puissants ne jouent plus leur rôle, les impôts étouffent la créativité – bref, ceux qui parlent alors de “soviétisation” des économies occidentales n’ont pas complètement tort. Il fallait réformer tout cela, redonner une certaine souplesse au système économique. Reagan et ses émules, partout dans le monde, de l’Europe au Chili, vont faire le choix de fracasser ce système, qui était tout de même l’héritier lointain du New Deal. Son fonctionnement était devenu certes calamiteux, mais son principe “éthique”, si j’ose dire, était bon : partage et redistribution. Au cours des années 80 et 90, tout cela sera détruit.

    En regard de ce basculement idéologique, vous pointez un basculement géopolitique complet en faveur des Etats-Unis, et donc de leur conception de l’économie…
    C’est un fait qu’en dix ans, entre 1979 et 1989, les Etats-Unis ont réussi la prouesse de se débarrasser de toute concurrence parmi les super puissances en place ou émergentes. Ou plus exactement, car le terme « débarrasser » ne rend pas compte des faits, les USA ont non seulement mis hors d’état de nuire mais aussi intégré à leur système naissant, au monde globalisé qu’ils étaient entrain de concevoir, tous leurs rivaux à commencer par l’URSS, assommée par la relance de la course aux armements technologiques. L’empire s’est effondré en 1989 et Washington a assigné à la Russie nouvelle, et à un Boris Eltsine très coopératif, une place très claire : réservoir en énergies fossiles et matières premières. Ses satellites, eux, en intégrant l’OTAN et l’économie de marché, devaient devenir de nouveaux débouchés pour le made in USA. Après l’URSS, ce fut le tour du Japon d’être mis sur la touche. En avance technologiquement, accumulant les excédents commerciaux, taillant des croupières aux Américains jusque dans leur pré carré de l’automobile, les Japonais ont été politiquement contraints, en 1985, lors des accords dit du Plaza, de réévaluer leur monnaie, ce qui n’était pas du tout conforme à leurs intérêts d’exportateurs. Le Japon a été ainsi mis à genoux financièrement en quelques mois. L’archipel mettra plus dix ans à s’en remettre… pour prendre aujourd’hui de plein fouet la nouvelle crise. Quant à la Chine, ses dirigeants allaient se montrer beaucoup plus malins que leurs homologues soviétiques : Den Xiao Ping a vite compris que son régime était en danger de mort. A partir de 1979 et de la normalisation des relations avec Washington, il va progressivement faire entrer son pays-continent dans la zone dollar, attirant ainsi les capitaux et devenant l’usine de l’Occident. Pour le plus grand profit des multinationales anglo-saxonnes. Un deal gagnant-gagnant, dont les Etats-Unis seront les authentiques vainqueurs : décrétés à juste titre hyperpuissance, dénués de rival, ils vont façonner le monde selon leur idéologie, leur modèle.

    Sans parler de “complotisme”, fort en vogue de nos jours, n’y a-t-il pas dans votre analyse une reconstruction a posteriori ? Les Etats-Unis, aux mains d’idéologues “ultra-libéraux”, ont-ils vraiment planifiés ces événements historiques ou les ont-ils simplement exploités ?
    Le terme complot ne veut rien dire. Il s’agit d’une stratégie s’appuyant sur une idéologie. Les Américains, et plus généralement les Anglo-saxons, sont convaincus que leur modèle est, sinon le meilleur du monde, du moins le plus efficace. Et qu’il n’y en a pas d’autre possible. Au cours de l’histoire, chaque génération, chaque école de pensée, chaque pays lutte pour imposer ses idées et défendre ses intérêts. C’est la loi de nature. Reste que les intérêts des Etats-Unis, de la Chine, des élites financières des pays pétroliers ne sont pas forcément les mêmes que ceux des classes moyennes occidentales, des Africains ou de bien d’autre pays ou communautés. Je retire de l’analyse de ces trente dernières années une certitude : le système qui s’écroule actuellement, “évaporant” des milliers de milliards de dollars sur les marchés, ponctionnant injustement des centaines de milliards d’euros sur des populations précarisées, ce système mondial est né et a été imposé au reste de la planète par les Etats-Unis.

    Cette “révolution”, certains lui attribuent pourtant une croissance durable et générale, une innovation technologique sans précédent et – ce qui n’est pas négligeable… – la sortie de l’ère des famines de la Chine et de l’Inde, c’est-à-dire de la moitié de l’humanité. Ne vous montrez vous pas, dans votre essai, davantage procureur que bon juge en mettant l’accent sur la seule “destruction des classes moyennes” en Occident ?
    Non, parce que je tiens les deux réalités pour enchevêtrées. La disparition de la famine est un fait en Chine et en Inde, mais est-elle due à la révolution néolibérale ou à la marche de l’histoire ? Un développement mondial fidèle au modèle keynésien, c’est-à-dire solidaire, protecteur et redistributeur, n’aurait-il pas obtenu les mêmes résultats ? Par ailleurs, j’ajoute à cette question, un autre, bien plus angoissante : est-on certain que le développement de l’Inde et surtout de la Chine soit aussi sain, aussi durable qu’on le dit ? On a adopté là-bas de façon brutale le néolibéralisme : des dizaines de millions de quasi-esclaves, une précarité étendue à un milliard d’individus, et un système dépendant des flux financiers internationaux. Je ne suis pas certain que les deux géants asiatiques soient à l’abri d’une grave crise économique et de très, très graves troubles politiques internes. Auquel cas, la révolution néolibérale aurait aussi réussi à disloquer ces deux géants ! Car elle a, clairement, détruit les classes moyennes en Occident. Le New Deal puis la reconstruction de l’Europe étaient fondés sur un principe de civilisation : tous progressent ensemble. Cela voulait dire un Etat interventionniste, et parfois chef d’orchestre, une fiscalité redistributive, un protectionnisme à échelle variable, et, par-dessus tout, de larges classes moyennes. Pourquoi ? Parce que les classes moyennes en s’étendant confortaient un principe politique – celui d’un destin commun – et un principe économique –plus de pouvoir d’achat pour plus de monde, donc plus de demande, donc plus de production, d’investissement, etc. La révolution américaine, à partir d’un constat juste (des économies sclérosées), a fait un pari fou : la destruction de ce système. Désormais, cela devait être chacun pour soi. L’individualisme roi. Et, j’insiste sur ce point, le passage à une économie de la prédation.

    Du capitalisme de production au capitalisme de prédation, en somme. A vous suivre, ce n’est plus la “valeur ajoutée” qui prime dans l’économie mondialisée mais la “plus value”, ce qui est très différent : au bénéfice légitime sera préférée la spéculation universelle…
    C’est exactement le mouvement que l’on observe : les salariés, les usines, les produits et parfois même les clients deviennent de simples variables d’ajustements. Il faut faire monter les cours en bourse pour satisfaire les nouveaux maîtres du monde, les défenseurs sur tous les continents de la financiarisation de l’économie. L’objectif qu’ils fixent n’est pas la croissance, l’innovation, l’investissement, sans parler du bien-être social, mais le rendement de leur seul capital qui, parfois, n’est même pas le leur puisqu’ils vont avoir une tendance croissante à abuser des “effets de levier” (avec cent j’emprunte mille pour spéculer). Dès lors, la seule finalité, c’est le retour sur capital d’une portion ultra-minoritaire du genre humain : le grand rêve du capitalisme des classes moyennes (né, rappelons-le, aux Etats-Unis sous Roosevelt) s’est alors effacé devant l’hystérie d’une minorité prête à tout mettre en péril pour augmenter des gains jamais suffisants : voyez comment en trente ans, le partage des richesses aux USA a fait de ce grand pays généreux le royaume de l’inégalité, où 1% de la population concentre un quart du patrimoine et des revenus !

    Vous n’insistez pas sur un point à mon avis déterminant : la peur. Car cette nouvelle classe financière ne semble jamais satisfaite : toujours plus de rendement, toujours moins d’imposition, un système de brigands où les plus mauvais patrons sont protégés par leurs pairs (golden parachutes, retraites dorées, stock-option, etc.) et n’hésitent pas à démanteler leur propre entreprise (voir Alcatel). N’a-t-on pas assisté, plus qu’à une révolution économique, à une révolution anthropologique avec la fermeture brutale de la parenthèse ouverte au XVIIIe siècle par la révolution industrielle, politique et scientifique en Europe, qui avait permis l’éclosion de l’individualisme en même temps que la persistance d’un projet collectif ? Après la longue histoire des communautés où l’individu était brimé, l’époque des individus affranchis de toute solidarité entre eux ne vient-elle pas de débuter ?
    C’est en effet une hypothèse. Et une hypothèse angoissante. Nous manquons encore de recul pour pouvoir en juger. Mais une chose est certaine : ce n’est ni le projet ni l’espoir de l’essentiel des habitants de la planète ! Les choix de Wall Street ne sont pas ceux de Main Street, c’est-à-dire une vie décente organisée par le travail et non par la prédation. Nos élites ont gravement failli: nos patrons se sont parfois comportés, en effet, en bandits de grand chemin plutôt qu’en leaders, et n’ont jamais moins qu’aujourd’hui mérité le titre désuet de « capitaines d’industrie » ! Mais ils n’ont pas seulement contribué à détruire le pacte social sur lequel s’était rebâti le monde après le nazisme, ils ont aussi durablement appauvri notre environnement naturel. L’obsession des échanges, la noria de containers qui sillonnent nos mers, la délocalisation à outrance, constituent le facteur essentiel des drames écologiques qui se préparent… Et je crains, en dépit du plan global annoncé ce 13 octobre, que nous ne soyons pas au terme de la crise financière, qui peut faire plonger le secteur bancaire, donc asphyxier l’économie réelle, faute de prêts à la production et à l’investissement, plonger des millions de gens dans le chômage, atrophier par conséquent la consommation et déstabiliser les « miracles » chinois ou indien. Le monde va encore devoir absorber un nouveau tsunami financier : celui des LBO ou Leverage Buy Out. Depuis vingt ans, en effet, la grande mode, chez nos prédateurs, a été de racheter des entreprises, avec de l’argent emprunté il va sans dire, pour les dépecer par appartements (d’où le concept grotesque de “société sans usines”), les réorganiser en fonction d’objectifs à très courts termes (leurs cotations) au mépris de leur viabilité (investissements, recherche) afin de les revendre à d’autres spéculateurs. Tel est le principe du LBO. Tant que l’argent était facile, la cavalcade était possible. Désormais, avec un crédit plus cher et donc plus rare, des millions d’opérations spéculatives de ce genre qui ont été, elles aussi « titrisées » (c’est-à-dire injectées dans le système financier), vont montrer leur limite. Nous parlons-là de centaines, peut-être de milliers de milliards de dollars. Qui en assumera le coût ? Le pire est peut-être encore à venir – et comme nos banques sont fragilisées, et que les Etats, surendettés des deux côtés de l’Atlantique, ne peuvent combler tous les trous, je vous laisse imaginer ce qu’il adviendra quand la crise des LBO éclatera…

    Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas encore pendus, Tire la langue  évoquons à présent les solutions que vous préconisez afin de sortir de cette Crise globale…
    La première mesure serait de renoncer au dogme de la mondialisation à outrance. Il nous faut revenir à une forme de protectionnisme : si l’on veut que la demande soutienne l’activité, il faut que les consommateurs conservent un salaire décent. Donc que leurs emplois soient préservés. C’est l’urgence. Il faut briser net la croyance que le crédit, gagé sur la hausse perpétuelle de la valeur de votre maison ou de votre portefeuille, puisse être le moteur de la demande. L’immobilier partout recule, et la France n’échappera pas à une baisse des prix ; les bourses ont laminé les petits porteurs. Seul le revenu du travail doit et peut permettre la croissance. Il faut donc protéger le travail. Bien sûr, il serait stupide de revenir au protectionnisme pur et dur, mais chaque zone économique doit s’organiser de façon à protéger ses emplois, surtout ceux à valeur ajoutée. L’Amérique du nord, l’Union européenne et l’Asie ont des marchés de suffisamment grande taille pour permettre, en leur sein, le libre-échange et lutter contre le dumping social fiscal monétaire et environnemental, dans leur commerce avec le reste du monde. Si certaines zones acceptent, avec l’accord de leurs électeurs, de saborder leur protection sociale, leur droit du travail et le niveau de rémunération du travail réel, au moins ne l’exporteront-elles plus vers les autres grandes zones. Et on verra alors qu’un dosage entre libéralisme et protectionnisme, entre protection sociale et libre entreprise, permet un développement durable. Et puisque les dirigeants des grandes économies ont montré, sous le coup de la peur, qu’il était possible de mener des politiques communes, chacune de ces zones devra imaginer des New Deal. Pour l’Europe, la voie est tracée : de grands programmes d’investissements dans les infrastructures (je pense notamment au fer-routage) et la recherche surtout fondamentale. Il faut repenser à long terme- se donner dix ans, par exemple, pour passer à la voiture sans essence, inventer des produits non polluants et de qualité, etc. Financés par de grands emprunts publics défiscalisés associés à des capitaux privés, comme jadis, ils redonneront en outre aux peuples le sentiment d’un projet et d’un avenir communs. Les classes moyennes comme les générations futures y trouveront leur compte.

    Vous abordez, dans votre essai, bien d’autres questions. Dont le cas de la Chine, que vous présentez sous un jour qui troublerait plus d’un altermondialiste…
    Je ne fais pas dans ce livre le procès de méchants Occidentaux qui auraient égaré et mené à la ruine le monde entier : la folie prédatrice a été généralisée, elle n’a connu ni race ni nationalité. Les capitaux assoiffés de rendements comme les traders fous – voyez les salles de marchés ! – témoignent d’un dérèglement généralisé. C’est pourquoi j’attire également l’attention sur la politique de la Chine, qui s’est comportée en puissance néocoloniale en Afrique, où elle pille les ressources naturelles, soutient des régimes iniques et nuisibles au développement des peuples africains. Elle mène de plus une véritable politique de colonisation en exportant populations et cadres dans l’ancienne Indochine, mais aussi dans le reste du tiers-monde – un projet évoquait, à terme, l’émigration de trois cents millions de Chinois dans le monde afin d’accroître la présence et l’emprise de Pékin ! La Chine, forte de sa croissance et de ses réserves de capitaux, ne s’est par ailleurs pas pacifiée : elle continue à menacer Taiwan, à intimider tous ses voisins, dont le Japon. Et pour faire bonne mesure, elle ressuscite l’Angleterre de Dickens : des centaines de millions de travailleurs errant, nouveaux misérables assujettis aux intérêts des nouveaux milliardaires, et une formidable pollution. Car il ne faudrait pas oublier que le premier pollueur de la planète, désormais, c’est la Chine.











    October 20

    En France aussi les villes endettés par la crise


    Un plan de sauvetage pour les villes spéculatrices

    L'Etat prévoit des milliards pour éviter que des collectivités n'entrent en cessation de paiement à cause de leurs placements.

    La forêt suspendue, à Lille, en 2004 (Pascal Aimar/TF) Photo: la forêt suspendue, à Lille, en 2004

    Par où la crise va-t-elle arriver? Les villes seront-elles les prochaines cibles de l'effondrement boursier? Les départements? Les régions? Alerté depuis des mois, le gouvernement prépare un plan de sauvetage des collectivités locales: « plusieurs milliards d'euros », selon une source officielle.

    Place Beauvau comme à Bercy, on suit en effet la situation de près. L'estimation des encours de prêts pour les collectivités locales en 2008 s'élève à 67 milliards d'euros. Or, sur cette somme, 10 milliards seraient des « produits toxiques », précise-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Intérieur, Michèle Aliot-Marie. L'agence de notation financière Fitchratings estime, elle, ces produits toxiques à 20 à 25 milliards d'euros. En juillet, elle livrait le diagnostic suivant:

    « Ces produits, qui comportent généralement des contrats d’option très risqués, ont déjà entraîné certaines collectivités dans une fuite en avant qui pourrait les mener jusqu’à l’insolvabilité. »

    Car les principales banques manquent de liquidités pour faire face aux demandes croissantes des collectivités locales, explique-t-on dans l'entourage de MAM:

    « En début de semaine, nous avons eu une réunion avec les banques au ministère des Finances pour identifier les ressources : il faut trouver plusieurs milliards. [...] Les communes ont fait comme dans toutes les entreprises, pour présenter des choses bien lissées. On appelle cela la comptabilité optimisée. Mais lorsque les élus ont signé ces prêts, ils sont en principe responsables. Personne ne vous oblige à signer...»

    Le gouvernement a tout de même décidé d'accélérer la mise en oeuvre de son plan. Les collectivités sont un maillon essentiel de l'économie, puisqu'elles assurent 75% de l'investissement public du pays. Si cette machine tombe en panne, la France est potentiellement en banqueroute. Un scénario noir jugé impossible par les observateurs, mais il faut prévoir le pire. Or, ces dernières semaines, les banques multiplient les refus de crédits.

    A la communauté urbaine de Lille, 57% de la dette en produits complexes

    L'information est passée inaperçue: le 25 septembre, le conseil de la communauté urbaine de Lille a voté la délibération « Réaménagement de la dette communautaire en 2009 ». Vote à l'unanimité, sur la foi d'un rapport présenté par Martine Aubry. Le texte s'achève par cette phrase mystérieuse qui autorise la présidente de la CULM:

    « A faire appel en cas de besoin à des index référencés en devises étrangères de pays n'appartenant pas à la zone euro, dans la mesure où ces devises présentent des taux attractifs et un risque de change maîtrisé, et dans la limite de 15 % de l'encours de dette au 31/12/2008. »

    Taux « attractif » ? Risque de change « maîtrisé » ? C'est la deuxième fois que les élus autorisent la collectivité à prendre des risques sur les marchés financiers. Et pas n'importe lesquels: le même jour, dans la délibération «Recours aux instruments de couverture du risque de taux et de change en 2009», un chiffre est lâché:

    «Au 31 décembre 2007 le portefeuille d'instruments de couverture comprenait 48 contrats représentant un montant notionnel de 955 068 669,46 euros, soit 57,40 % du stock de dette.»

    En clair, sur les 1,7 milliard d'euros de dette, 57% sont adossés à des produits spéculatifs. Le banquier du Grand Lille? Dexia... la banque qui assure les trois-quarts des crédits dédiés aux collectivités territoriales françaises. L'adjoint aux finances de Lille, Pierre de Saintignon, assure que les produits structurés ne représentent que 30% de la dette (160 millions d'euros):

    « Nos produits structurés sont des produits plutôt simples (essentiellement des taux fixes bonifiés avec des barrières sur les taux variables) et nous ne disposons pas de produits basés sur la pente de la courbe des taux (qui ont été les produits les plus risqués ces derniers mois) ni de produits exotiques sur le change. »

    L'argentier de Lille n'en dira pas plus: il négocie en ce moment avec les banques.

    Des prêts indexés sur les produits les plus volatiles

    Pour comprendre, il faut revenir trois ans en arrière. A partir de 2005, les fertiles cerveaux du trading imaginent de lancer sur le marché des collectivités locales de nouveaux produits. A l'époque, les taux d'intérêts sont encore très bas. Les communes présentent un très bon facteur de risque et surtout elles sont de plus en plus endettées. La recette des banquiers pour réduire cette dette? Parier sur les « taux structurés ».

    Les gros établissements de la place (Dexia, Crédit Agricole, Caisse d'Epargne) proposent à leur client ces prêts très spéciaux:

    • Les taux fixe à barrière désactivante. Ces contrats prévoient une période de grâce (ou de bonification) de deux ou trois ans durant laquelle le taux applicable à l'emprunt est inférieur au coût de l'argent. Puis, une fois la « barrière » désactivée, le taux d'intérêt est calculé sur la base d'un autre indice européen, type Euribor, mais sans être « capé », c'est-à-dire sans limite...
    • Puis, des contrats de deuxième génération sont apparus -appelés « taux à effet de levier »- ils proposent la même chose et cette fois-ci le taux de référence n'est plus un indice, mais un calcul d'indice. En clair, un produit hautement sophistiqué comme l'écart entre deux taux, une option sur des cours de matières premières... bref, un indice hautement volatile.

    Lyon a même indexé certains de ses prêts sur le cours du baril de brut. Concrètement, le risque avec ce type de prêt est de voir passer un taux de 3 à 10% ! Une perspective qui n'est plus si chimérique avec les soubresauts de ces dernières semaines.

    Le maire de Saint-Etienne, Vincent Maurice (DR)Le maire (PS) de Saint-Etienne s'en est aperçu au printemps dernier, après un audit financier des comptes de sa ville soupçonnant une gestion hasardeuse de son prédécesseur UMP. Une véritable aberration pour Maurice Vincent... car à partir de 2011, Saint-Etienne plonge dans « l'inconnu »:

    En juin, Maurice Vincent alerte les cabinets de Christine Lagarde, ministre des Finances, et Michèle Aliot-Marie, ministre de l'Intérieur, leur enjoignant de prendre des mesures réglementaires pour interdire ce type de prêts. Il n'a jamais reçu de réponse.

    A Tulle, Hollande a choisi un prêt de pente en 2007

    Qu'elles soient de droite ou de gauche, ces municipalités ont fait un pari très risqué sur l'avenir. Avec l'immense avantage de pouvoir afficher, juste avant les élections, une réduction substantielle des charges financières. Une sorte de brevet de bonne gestion, quitte à jouer à la roulette sur les années suivantes. L'exemple de Tulle est emblématique.

    En juillet 2007, la ville corrézienne contracte, sous l'égide de son maire François Hollande, un prêt de 6,7 millions d'euros (pour une dette globale de 29,5 millions) à un taux fixe de 3,65% sur vingt ans, à condition que l'écart entre les taux à un an et les taux à trente ans reste positif. Dans le jargon de la finance, c'est un prêt de pente sur la courbe des taux. « Une gestion dynamique de l'endettement », commente Laurent Bourgès, directeur général des services.

    En juin 2008, la courbe des taux s'inverse. Catastrophe, le taux « fixe » de 3,65% s'envole. Tulle renégocie alors son contrat avec Dexia. Elle obtient une garantie de taux fixe pour 2008, un passage à 4,3% pour 2009 et pour 2010... un retour aux conditions du premier contrat ! «Nous étions avec Dexia hier, ajoute Laurent Bourgès, et heureusement les courbes se sont recroisées il y a une semaine. » Cette fuite en avant est la seule solution possible. Pour repasser sur un taux fixe, la banque exigeait 6 à 7% de taux d'intérêt.

    Des collectivités notées sur les marchés financiers

    Tout un business s'est développé autour de ces contrats. A commencer par celui de la notation financière. Fitchratings est l'une des premières à avoir mis en place une liste mensuelle de cotation de communes. Objectif : fournir aux investisseurs un outil complet pour évaluer les opportunités du marché. David Diano, analyste chez Fitchratings, reconnaît que ces montages ne sont pas toujours très limpides pour les clients:

    “Dans les plus grosses collectivités, on a souvent des équipes plus aguerries aux risques financiers, dans les plus petites, on peut en douter. Le contenu de ces contrats est rarement rendu public.”

    Des petites communes comme Pont Saint-Esprit (Gard) ou Monteux (Vaucluse) ont cédé aux sirènes des produits structurés. Elles seraient plus nombreuses qu'on ne le croit. « Ces petites villes ne souhaitent pas communiquer, explique André Robert, délégué de l'Association des petites villes de France, car elles auront alors plus de difficultés pour négocier avec les banques. » Le 8 octobre, l'APVF a écrit au Premier ministre pour sonner l'alarme. Là encore, pas de réponse.

    Le cabinet indépendant Public Evaluation System (PES) propose un autre palmarès, sur les grandes villes, les départements et les régions. Ici, pas de note, mais un classement des meilleurs profils financiers. Dans le palmarès 2008 des grandes villes, on trouve en queue de classement :

    • Grenoble
    • Tours
    • Mulhouse
    • Reims
    • Marseille

    Marseille... l'une des villes les plus endettées de France: en 2006, sa dette s'élevait à 2290 euros par habitant, pour une moyenne dans sa catégorie de 995 euros. Marseille, où les emprunts financent certaines dépenses de fonctionnement, ce qui est théoriquement interdit. Quelle est la part des prêts exotiques dans cette dette? L'information est quasiment impossible à obtenir. Céline Moyon, consultante de PES, s'est souvent heurtée à cette opacité :

     « Dans une délibération de conseil municipal, vous n'avez pas tout le détail du contrat, au nom du secret industriel et commercial. La seule obligation légale est de faire apparaître dans les annexes du compte administratif, en fin d'année, la liste des opérations de couverture (si elles ont eu lieu), le nom de l'établissement bancaire, les gains et les pertes. »

    Maurice Vincent, pourtant professeur agrégé d'économie, avoue n'avoir compris les complexes montages de Saint-Etienne qu'après l'audit réalisé par des spécialistes en finance publique.

    Un risque de placement sous tutelle

    En fin d'année, les règles comptables obligent les collectivités locales à équilibrer leurs comptes. Avec l'argent des banques. Face à la crise financière et à la rareté des liquidités, peut-on imaginer des faillites ?

    A priori, non, répondent en choeur les protagonistes. Le risque, souligne Maurice Vincent, est plutôt de voir les villes en difficulté passer sous tutelle de la Chambre régionale des comptes, si elles se retrouvent en cessation de paiement:

    Chez Fitchratings, David Diano se montre nettement moins optimiste :

    “Nous n'excluons pas de voir des entités en très grande difficulté. Cela sera d'autant plus probable que la collectivité :

    • a une dette importante
    • a une marge de manoeuvre fiscale et budgétaire faible
    • a dans ses emprunts une part importante de produits structurés”

    La liste des villes au bord du gouffre est entre les mains du gouvernement, mais pas question de la rendre public : « Pas d'affolement, nous sommes attentifs », répète-t-on à l'envie, comme pour se convaincre que le pire n'est jamais sûr.

    A lire aussi :

    ► La note de conjoncture de Dexia de septembre 2008, assez alarmante.

    ► La note de Fitchratings de juillet 2008 «L'abus de produits structurés met certaines collectivités locales françaises dans une situation à haut risque».

    October 14

    Aux USA, de plus en plus de personnes âgées se déclarent en faillite personnelle

     

    Ayez une pensée pour le Conseil National de la Résistance qui vous a permis d’avoir la “Sécu” et une certaine garantie vieillesse. et préparez vos plumes et votre goudron pour des mecs comme Denis Kessler, du MEDEF, qui veulent supprimer tout ça !

    [Grégoire Seither - IES News Service - 31/08/2008]

    Mme Noda n’est pas pauvre. Née dans la classe moyenne états-unienne elle a travaillé toute sa vie en Floride et a toujours eu l’impression de s’en sortir. Elle n’était pas riche, mais elle s’en sortait. “Je suis née avec la Grande Dépression, alors j’ai appris à surveiller mon budget, mais je n’ai jamais manqué de rien”.

    Et puis, avec l’âge, sont venus les problèmes de santé, puis l’incapacité à travailler. et lentement Ada Noda a vu les factures impayées s’accumuler. Un jour, étranglée par les dettes, elle a fait une chose qu’elle n’avait jamais pensé devoir faire un jour : elle est allée se déclarer en faillite personnelle.

    Elle n’est pas toute seule, le nombre de personnes de plus de 55 ans aux USA qui se déclarent en faillite, a explosé ces dernières années aux Etats-unis, selon un rapport que vient de publier le Consumer Bankruptcy Project, qui a analysé tous les cas enregistrés entre 1991 et 2007.

    Plus on est vieux aux Etats-unis, plus on a des chances d’être incapable de payer ses factures : à 65 ans, dans la période analysée, on a deux fois plus de chances d’être acculé à la faillite qu’une personne de moins de 55 ans, et cette probabilité est multipliée par 5 pour les personnes agées de plus de 75 ans.

     

    Pour Elizabeth Warren, professeur à la Harvard Law School et une des auteures de l’étude, “La culture matérialiste de notre pays a tendance à laisser les personnes âgées sur le côté de la route. Quand on vieillit, on est confronté à deux choses : on perd son emploi pile au moment où les gros problèmes médicaux arrivent, ou alors l’un déclenche l’autre. Comme la majorité n’a pas de couverture sociale suffisante, ils se rendent compte que, malgré leur grand âge et leur maladie, il faut qu’ils continuent à travailler pour garder une sorte d’équilibre économique. Mais s’ils n’y arrivent pas, alors ils glissent très vite dans la misère la plus crasse.”

     

      Pour Paul Lung Chan, du Center for Social Justice, “il y a chaque jour, en Amérique, des personnes agées qui meurent de faim, de froid ou d’absence de soins, des grand mères de 80 ans qui sont jetées à la rue parce que leur maison a été saisie, des vieux qui vivent dans leur voiture, des familles forcées de cohabiter dans des maisons bondées pour accueillir les membres agées qui ont perdu leur moyen de subsistance.

    Ces gens là ne sont pas des clochards, ils n’ont pas de problèmes mentaux ou d’alcool. Ce sont des gens comme vous et moi, qui ont travaillé toute leur vie mais n’ont jamais gagné assez pour pouvoir se payer une assurance vieillesse et médicale digne de ce nom. Alors quand le problème surgit, ils sont perdus.”




    October 13

    Présidentielles US : Pourquoi Obama ne sera jamais président


    Présidentielles US : Pourquoi Obama ne sera jamais président

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    Indépendammment du fait que les américains ont toujours vu d'un mauvais oeil un homme politique noir approcher du pouvoir suprême (rassurons nous, on a le même ici, notre camembert national ayant en effet déclaré : "Je n'ai pas besoin des voix du Front National, je les ai déjà."), et de la lente érosion des voix du Parti Démocrate US (comme chez nous tiens !), il est un système très bien rodé depuis 2002 qui pourrait bien faire gagner Mc Cain au détriment d'Obama.
    En fait, il est très simple : on rejette les les demandes d'inscription des citoyens sur les listes électorales. La suite en détail...

    Aux USA, on te saisit ton droit de vote en même temps que ta maison Gregoire Seither

    On est à fond dans la stratégie annoncée par Greg Palast, dans son livre l’an dernier (Armed Madhouse). Le but de l’opération n’est plus de bourrer les urnes ou de trafiquer les résultats (c’est trop visible) mais tout simplement d’empêcher un maximum d’électeurs du camp adverse de se rendre aux urnes. A la fin, l’élection se joue sur une poignée de voix… commme dans l’Ohio, en 2004, où la victoire de Bush a été décidée sur une avance de moins de 45 000 voix, pour un pays de 300 millions d’électeurs.

    L’Etat du Michigan est un “swing state”, un Etat où le basculement même infime de la majorité des votes pourrait bien décider du résultat de l’élection présidentielle US de 2008. Le comté de Macomb (Michigan) est lui-même un levier important pour décider du résultat de l’élection. Les électeurs démocrates y sont nombreux, mais aussi les indécis. La victoire se jouera donc sur quelques milliers, voire quelques centaines de voix.

    Dans le comté de Macomb, comme ailleurs, la crise du “subprime” a surtout frappé des familles pauvres, noires, dont les faibles revenus ne permettent pas la poursuite du paiement de traites immobilières qui ont triplé par endroit. Des milliers de personnes ont perdu leurs maisons, saisies pour non paiement des traites. Aujourd’hui, "grâce" au Parti républicain, ces personnes vont également perdre leur droit de vote.

    Comme par hasard, la majorité de ces personnes vit dans des districts électoraux traditionnellement acquis au Parti démocrate.

    James Carabelli, premier secrétaire du Parti républicain dans le comté de Macomb, a compilé une liste de maisons saisies et les noms de leurs propriétaires, afin de contester la participation de ces personnes à l’élection de novembre prochain. “Si leur maison a été saisie, c’est donc qu’ils n’habitent plus ici… et donc ils ne devraient pas avoir le droit de voter ici.

    ‘Nous avons compilé les listes des maisons saisies et nous allons être vigilant que personne ne puisse utiliser ces adresses pour prétendre voter dans les bureaux de vote que nous supervisons.” Pour Carabelli, il s’agit simplement de respecter la loi.

    La législation électorale de chaque Etat permet aux partis politiques de désigner des ’superviseurs électoraux’ qui ont le pouvoir d’empécher une personne de voter. Les superviseurs ne se contentent pas de surveiller le bon déroulement du vote, ils peuvent également contester le droit de vote d’une personne “pour laquelle ils ont de bonnes raisons de penser que cette personne n’est pas en droit de voter dans ce bureau de vote”. Il peut s’agir d’une personne tentant de voter alors qu’elle est privée de droits civiques, il peut s’agir d’un étranger en situation irrégulière… ou tout simplement une personne qui ne réside pas vraiment dans la circonscription électorale.

    Le Parti républicain du Michigan compte apparemment s’appuyer sur ce dernier point pour empécher de voter des personnes “qui ne sont plus résidentes du district, puisque leur maison a été saisie”.

    De nombreux experts juridiques mettent en doute la légalité d’une telle démarche. Pour Gerald Hebert, ancien expert électoral pour le Ministère de la Justice U.S. et directeur du Campaign Legal Center à Washington : “Vous ne pouvez pas empêcher un citoyen d’user de son droit de vote, sans élément concret à présenter. Une note de saisie n’est pas une preuve suffisante que la personne ne réside plus dans le district, la plupart des personnes ne quittent pas immédiatement leur maison, même quand elle a été officiellement saisie par la banque.”

    Pour Hebert, “cette tactique est de toute évidence une manoeuvre mesquine pour écarter des urnes des gens dont on soupçonne qu’ils ne voteront pas pour le candidat McCain. On n’est plus en Floride, ils ne traficotent plus les bulletins de vote et les machines à voter, ils empêchent simplement un maximum d’électeurs démocrates de se rendre aux urnes. Soit par des méthodes légales comme celle-ci, soit par du harcèlement, soit par du sabotage de l’élection, en provoquant des embouteillages dans les bureaux de vote, obligeant les gens à faire la queue pendant longtemps… toujours dans le but de les décourager d’aller voter. “

    L’exploitation de la crise du subprime à des fins électorales est une nouvelle illustration de l’étroite implication de la campagne de John McCain avec les milieux financiers engagés dans la saisie de centaines de milliers de maisons à travers le pays. Ainsi, dans le comté de Macomb, le bureau de campagne du Parti républicain est installé dans les locaux de l’entreprise Trott & Trott, spécialiste de la saisie immobilière. Le fondateur de la société David A. Trott, a collecté près de 250 000 dollars pour la campagne de John Mc Cain.

    Source : Alter Info

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    [Greg Palast - extrait de son livre "Armed Madhouse" (édition 2007) pages 343 à 350 - Traduction : Grégoire Seither ]

    Le 1er janvier 2006, le Parti Républicain a gagné les élections présidentielles U.S. de 2008. Il l’a fait lors d’une petite cérémonie privée afin que le Parti Démocrate ne se rende pas compte que le “Grand Ole Party” (GOP, surnom du Parti Républicain) avait bourré les urnes deux ans avant les élections.

    Mais avant de vous raconter comment ils s’y s’ont pris pour voler l’élection présidentielle, laissez moi d’abord vous raconter comment il ne s’y sont PAS pris.

    .

    Le débat autour des ordinateurs de vote est une manoeuvre de diversion

    Je sais qu’on va me clouer au pilori pour oser dire des choses pareilles. C’est de la pure hérésie,mais il faut bien que quelqu’un le dise : les Républicains ne vont pas truquer les élections 2008 en trafiquant les entrailles des ordinateurs de vote.

    Est ce que je suis entrain de vous dire que les ordinateurs de vote sont fiables ? Bien sur que non, relisez le chapitre 4 de ce livre, bordel ! Il est évident qu’ils vont trafiquer les machines. Ils l’ont fait en 2006. Mais ce n’est pas comme cela qu’ils vont s’assurer de la victoire en 2008.

    Il n’y a que peu de doutes sur le fait que l’élection 2000 ait été truquée. Tout comme l’élection 2004 d’ailleurs. [NdT. Greg Palast explique en détail et preuves à l'appui, les méthodes employées pour fausser le vote lors des deux dernières élections américaines, dans le livre 'Armed Madhouse' (en anglais) ainsi que dans son livre en français "Démocratie Business" (Ed. Timéli) et dans l'interview paru dans "Black List" (en français chez Editions des Arènes)].

     

    Mais ce ne sont pas les ordinateurs de vote qui ont fait pencher la balance, ni en 2000, ni en 2004. Et en 2008 ce ne sera pas non plus le cas. C’est certain qu’ils vont truquer le résultat, mais avec des méthodes bien plus insidieuses, aux résultats bien plus fiables… d’ailleurs, ce n’est pas la peine de parler au futur conditionnel, ils l’ont déjà fait. Des millions de votes de citoyens américains ont déjà été volés.

    En 2000, les votes ont été volés grâce au système secret de “révision des listes électorales”, un “nettoyage” mené par la Secrétaire d’Etat de Floride, Katherine Harris, rejeton d’une vieille famille de l’oligarchie Républicaine et par son patron, le gouverneur de Floride Jeb Bush, grand frère du président. Leur “révision” a permis de rayer 94 000 personnes innocentes des listes électorales - essentiellement des hommes noirs et pauvres qui avaient le malheur de porter le même nom qu’un ‘felon’ (personne ayant un casier judiciaire) - permettant ainsi de faire pencher la balance électorale dans certains districts connus pour voter majoritairement Démocrate.

    L’arnaque au “felon” a été dévoilée et a donné naissance à une flopée de livres sur le truquage des élections ainsi qu’à un vaste mouvement d’activistes qui se mobilisent pour lutter contre la perversion de nos valeurs démocratiques. C’est bien. Mais ce qui est moins bien c’est que bon nombre de militants dans cette armée de citoyens mobilisés sont entrain de mener le mouvement de défense des élections directement dans la gueule ouverte de Karl Rove.

    Nous l’avons déjà vu en 2002, quand l’opinion s’est mobilisée pour la loi “Help America Vote Act” (HAVA), aboutissant à la création d’un “bulletin de vote provisoire” qui était censé permettre à une personne faussement rayée des listes de voter néanmoins de manière provisoire, en attendant qu’une commission électorale examine sa requête et décide d’accepter ou non son vote.

    Cela partait d’une bonne idée, mais c’était trop facile à manipuler. Il suffisait que la commission électorale tarde à se réunir ou bien qu’elle décide tout simplement d’invalider “par manque de temps” (comme ce fut le cas dans l’Ohio en 2004) la totalité des bulletins provisoires. Ainsi, en 2004, les stratèges Républicains utilisèrent le “vote provisoire” pour écarter plus de 3 000 000 électeurs susceptibles de voter pour John Kerry. Ensuite, en toute légalité, un bulletin sur trois fut jeté à la poubelle. Le bulletin de vote provisoire a permis d’endormir la vigilance des militants des droits démocratiques, mais en réalité c’était un faux bulletin qui ne servait à rien.

    Dans l’Ohio, en 2004, l’Etat qui a décidé de la défaite de Kerry, ce ne sont pas non plus les ordinateurs de vote qui sont en cause. Dans cet Etat, il n’y avait pas assez d’ordinateurs de vote installés pour pouvoir influencer l’élection. Seulement 14,6% des bureaux de vote étaient équipés d’ordinateurs de vote. En Ohio, le vote Kerry s’est perdu dans une tempête de bulletins mal perforées, ce qui n’est pas étonnant, vu que l’Ohio était l’Etat avec le plus fort taux de vieilles machines à perforation installées dans les bureaux de vote connus pour préférer les Démocrates aux Républicains.

    On va sûrement me tirer dessus oser le dire, mais c’est un fait que le Secrétaire d’Etat de l’Ohio, Kenneth Blackwell, était trop content qu’un mouvement de citoyens blancs propres sur eux vienne manifester contre sa décision d’installer des ordinateurs de vote Diebold dans les bureaux du centre-ville et des quartiers pauvres. Cela lui a permis de laisser en place les vieilles machines à perforation, connues pour mal poinçonner les bulletins et donc invalider le vote. Ca tombe bien, les votes invalidés l’étaient dans des bureaux votant historiquement pour les Démocrates. C’est toujours autant de voix en moins pour Kerry.

    Comme je l’ai déjà montré, preuves à l’appui, au chapitre 4, avant les élections 2004, Blackwell avait écrit une missive confidentielle aux responsables Républicains pour leur expliquer que le fait de laisser les anciennes machines à perforation en place dans des districts “sensibles” (connus pour voter Démocrate) permettrait d’y invalider des milliers de votes. Et c’est ce qui s’est produit. Deux ans après l’élection, une inspection physique de ces bulletins de vote - menée par une équipe sous les ordres de l’avocat Bob Fitrakis - a permis d’identifier 22 000 bulletins trafiqués, mal-perforés et donc rejetés. Tous provenaient de ce que les experts appellent des “districts à haut rendement pour le Parti Démocrate”. L’Ohio n’a pas eu besoin de haute technologie et de trafficotage d’ordinateurs pour voler l’élection présidentielle. C’était un hold-up extrèmement low-tech.

    Et nous refaisons la même chose en 2008 ! Nous facilitons le travail des voleurs de votes aux prochaines élections présidentielles en focalisant notre attention et nos efforts militants sur un point de détail : sus aux ordinateurs de vote.

    Et il n’y a pas de meilleur exemple que le cas du Nouveau-Mexique pour illustrer la manière dont le camp adverse s’appuie sur notre peur des ordinateurs de vote pour nous baiser. Dans cet Etat, les députés Républicains ont voté la proposition du Gouverneur Richardson exigeant un vote par bulletins papier… mais cette “victoire” des anti-ordinateur de vote s’est faite au prix de l’instauration de toute une série de mesures visant directement à empécher les pauvres et les gens de couleur de voter. La première de ces nouvelles mesures est l’obligation faite à l’électeur de présenter une carte d’identité d’électeur pour pouvoir voter.

    Et ils n’ont pas perdu de temps. Juste avant les élections intermédiaires de mi-mandat, en 2006, le Secrétariat d’Etat du Nouveau-Mexique annonça qu’il avait envoyé les nouvelles cartes d’identité d’électeurs à tout le monde, mais que plus de 200 000 cartes étaient revenues sans avoir été réclamées ou bien parce que l’adresse du destinataire n’était pas correcte. Le gros des cartes ainsi retournées provenait de la région d’Albuquerque, c’est à dire une région votant historiquement pour le Parti Démocrate.

    La méthode porta ces fruits. Au cours de ces élections de mi-mandat 2006, la député Démocrate Patricia Madrid, faisant campagne dans l’épicentre du désastre des “cartes d’identité retournées à l’expéditeur”, perdit son siège à cause d’une différence de 875 voix, sur un total de près de 250 000 votes. Un grand nombre d’électeurs s’était vu refuser l’accès aux urnes parce qu’il n’avait pas reçu la carte d’identité d’électeur, devenue obligatoire. Ici encore, les ordinateurs de vote ne jouèrent aucun rôle.

    Le Parti Démocrate, ivre de sa victoire au niveau national, ne prit pas la peine de contester cette élection au Nouveau Mexique. Ils ne demandèrent même pas un recompte des voix. Trop occupés à trinquer avec leurs coupes de champagne, les Démocrates ne s’inquiètèrent pas du fait que, au niveau national, un demi-million de citoyens américains s’étaient vus privés de leur droit de vote à cause de l’extension de la règle du “Montrez-moi vos papiers si vous voulez voter”.

    En laissant faire en 2006, les Démocrates risquent de découvrir que ce sont les magouilles à la carte d’identité qui décideront de l’issue des élections de 2008, et non les voix des électeurs américains.

    Mais ces petites magouilles à la carte d’identité ne sont rien à côté de ce qui se trame par ailleurs. Suivez moi, vous n’avez encore rien vu.

     

    Le 1er Janvier 2006, les Républicains ont gagné l’élection présidentielle 2008

    En ce jour de l’An 2006, alors que la presse U.S. était occupée ailleurs, un nouvel amendement de la loi HAVA (Help America Vote Act) entra en vigueur. Ce petit codicile , ajouté en douce, accorde le pouvoir à chacun des cinquante Secrétaires d’Etat de rejeter des inscriptions sur les registres électoraux.

    Dans les années précédentes, les Secrétaires d’Etat comme Katherine Harris en Floride ou Kenneth Blackwell dans l’Ohio, naviguaient souvent en marge de la loi quand ils disaient “vous n’avez pas le droit de voter” à plusieurs centaines de milliers de citoyens américains qui avaient le malheur d’être noir et de voter pour le Parti Démocrate. Mais à partir de 2006, ces actes illégaux ne se produirent plus, non pas parce que les autorités changèrent de comportement. Non, tout simplement parce que maintenant ils ne sont plus illégaux étant donné que les autorités ont changé la loi.

    Depuis le 1er janvier 2006, les Secrétaires d’Etat ont le droit - ils ont même l‘obligation - de refuser toute inscription sur les registres électoraux d’un électeur dont le nom et le “numéro d’identité” (numéro de permis de conduire, numéro de sécurité sociale, numéro de passeport) ne coincident pas avec ceux figurant dans la “liste de vérification” compilée par l’administration de l’Etat.

    Vous ne voyez pas où est le problème ? Si vous croyez que je m’excite pour pas grand chose, alors laissez moi vous énumérer quelques faits : quand la loi HAVA a octroyé ce droit aux Secrétaires d’Etat à travers le pays, les autorités ont rejeté une application sur trois. Un citoyen américain sur trois qui venait s’inscrire sur les listes électorales s’est vu dire “casse toi”. Les autorités locales se sont rué sur ce nouveau pouvoir et s’en sont servi avec entrain. Dans les premiers mois de 2006 par exemple, la Californie a rejeté plus de 40% des demandes d’inscriptions sur les listes électorales.

    Est-ce que cela importe vraiment ? Oui, si vous considérez que chaque année environ 24,3 millions de citoyens américains viennent s’inscrire ou se réinscrire sur les listes électorales. Au rythme actuel des rejets d’inscription, il ne faudra pas longtemps pour purger ces listes des personnes indésirables - enfin, indésirables pour les Secrétaires d’Etat.

    La question clé est, bien sûr : Qui est rejeté ? Dans la grande majorité, les personnes interdites de vote portent des noms comme Garcia-Marquez, Yao Ming ou bien Mohammed. C’est du moins la conclusion de l’étude menée par Justin Levitt, du Brennan Center for Justice, un département de la Faculté de Droit de l’Université de New-York. “La grande majorité des personnes rejetées porte un nom hors du commun” explique Justin. Enfin, “hors du commun” pour un fonctionnaire du Parti Républicain, bien sûr.

    Bon, me direz vous, si on les a rejetés pour une raison valable, par exemple parce qu’ils ne sont pas des résidents légaux, alors on ne peut rien faire. Mais, dans l’Etat de New-York, une étude a été ménée qui a analysé cas-par-cas les demandes rejetées. Dans 71% des cas, la demande a été rejétée à cause d’une erreur d’entrée de l’agent administratif chargé de saisir les formulaires de demande.

    Et c’est là que se situe le scandale. Il n’y a pas une once de preuve comme quoi des milliers de citoyens tenteraient de voter illégalement. Par contre, dans le cas de la Californie, la grande majorité des personnes rejetées était coupable du “délit de sale vote”, c’est à dire qu’ils sont d’origine hispanique et que statistiquement les hispaniques votent pour le Parti Démocrate.

    A Los Angeles, où le maire Démocrate est d’origine mexicaine, on n’a aucun intérêt à éliminer des électeurs chicanos, les fonctionnaires du comté reprirent donc les listes des 40% de demandes rejetées. Ils contactèrent les personnes rejetées et corrigèrent les erreurs de saisie faites par l’agent administratif du bureau des élections. En faisant cela, ils firent passer le taux de rejet d’application de 40% à presque zéro !

    Je ne sais pas si vous saisissez ce que cela veut dire. Les milliers de personnes en Californie à qui on avait dit “vous n’avez pas le droit de voter” étaient en fait des électeurs légitimes, privés d’un droit constitutionnel et démocratique. Mais il n’y a qu’à Los Angeles qu’on a révisé les listes. Dans les autres contés, où l’administation est moins favorable aux basanés, la règle qui prévaut est “Va te faire voir Pedro”.

    Vous me direz : “Pourquoi est-ce mal de demander aux électeurs de s’identifier par le biais d’une carte d’identité et de vérifier son identité en la comparant aux données d’une liste officielle compilée par les autorités ?” Ce n’est pas que c’est mal, c’est que cela ne marche pas ! De fait, le système est conçu dès le départ pour ne pas marcher.

    Si vous êtes un électeur qui n’a pas (ou plus) de permis de conduire, si vous n’avez pas de passeport ou pas de permis bateau - ou, pour simplifier, si vous êtes un électeur Démocrate qui vit dans un quartier pauvre - le seul moyen de vous identifier est de donner votre numéro de Sécurité Sociale pour vous inscrire. Ca à l’air équitable, mais en fait cela ne l’est pas.

    L’Administration de la Sécurité Sociale est incapable de confirmer les identités de 46% de ses affiliés au niveau national - essentiellement à cause d’erreurs de saisie et de transmission par les autorités locales au niveau de chaque Etat. Serions nous en présence d’un tsunami d’inscriptions frauduleuses ? Non, c’est simplement que les bases de données sont incapables de répondre à la demande de vérification.

    Et certains hommes politiques sont ravis de cette incapacité. Dans l’Alabama, en 2006, le Parti Démocrate porta plainte contre les défauts flagrants de la “base de donnée de vérification d’identité d’électeurs” mise en place par l’administration Républicaine de l’Etat. Les erreurs dans cette base avaient permis d’interdire l’accès au vote à des milliers d’électeurs noirs. Plutôt que d’instruire la plainte, le Ministère de la Justice trouva une solution plus conciliante : il demanda à un juge de nommer un “expert” qui serait chargé de réviser les procédures de vérification d’identité. Qui fut l’expert désigné par le juge ? Le Gouverneur Bob Riley, élu du Parti Républicain.

    L’exemple de Los Angeles montre que parfois les autorités se donnent du mal pour défendre le droit au vote de leurs administrés. Mais Los Angeles est une exception. Partout à travers le pays, des millions de citoyens se voient privés de leur droit de vote sans que la presse ne s’en émeuve. A la mauvaise vieille époque de la ségrégation et du “Jim Crow”, quand des Noirs essayaient d’aller voter, on leur cassait la figure, voire pire.

    Aujourd’hui on est plus subtils. On leur prend leur formulaire de demande d’inscription électorale, on leur fait un grand sourire… et on jette la demande à la poubelle. Le résultat est le même.

    Parfois les caves se rebiffent. Ainsi le Brennan Center for Justice et une coalitition de syndicats et de groupes de défense des droits civiques unirent leur forces pour attaquer en justice l’Etat de Washington qui avait rejeté presque une demande d’inscription sur trois dans les quartiers urbains de Seattle. Ce qui avait attiré l’attention des militants était le fait que la majorité des victimes de ces rejets portait des noms philipins ou chinois. Dans leurs cas, le taux de rejet d’application était deux fois plus élevé que chez les résidents des banlieues cossues et des zones rurales de l’Etat, où vivent majoritairement les électeurs blancs et Républicains.

    Par contre l’Etat de l’Ohio a réussi à ce jour à tenir les chiens de garde de nos droits civiques à distance. Et ce par une méthode très simple : en entretenant un savant flou et un épais brouillard autour des méthodes et procédures appliquées pour l’inscription sur les listes électorales. Il est difficile de porter plainte contre une procédure inconnue et dans notre cas, celui qui maniait la machine à brouillard était le Secrétaire d’Etat Kenneth Blackwell. Jusqu’aux élections de mi-mandat 2006, le Républicain Blackwell refusait systématiquement de révéler les critères appliquées par l’Etat de l’Ohio pour rejeter une demande d’inscription électorale. Pas un mot sur la méthode de vérification. Il refusait même de dire combien d’applications avaient été rejetées sur la base de la loi HAVA.

    Il faut dire que Blackwell n’est pas un novice dans l’industrie du rejet d’électeurs suspects de voter pour l’autre camp. Dans la préparation de la campagne présidentielle Bush-Kerry, en 2004, Blackwell avait déjà tenté de rejeter des dizaines de milliers de demandes d’inscriptions électorales en se basant sur l’argument que le formulaire de demande n’était pas - selon lui - imprimé sur du papier ayant l’épaisseur requise. Quand l’opposition et les groupes citoyens dénoncèrent ce petit jeu, il fit marche arrière. Mais il réussit néanmoins à éliminer 36 251 inscriptions électorales avant les élections de 2004.

    Les méthodes de Blackwell portèrent leurs fruits en 2006. Dans le 2è et 15è district de l’Ohio, les Républicains sauvèrent leurs sièges avec une marge de moins de 1% des voix, alors que, partout ailleurs dans l’Etat, la tendance était à un raz de marée Démocrate et anti-Républicain.

    Blackwell fut un des premiers à exploiter à fond les nouveaux pouvoirs que lui accorde la loi HAVA. Mais il est loin d’être le seul. Enfoui tout au fond du rapport annuel du gouvernement sur les élections 2004 (National Voting Rights Act report) se trouve un chiffre qui devrait nous faire grimacer : à travers le pays, dans les deux années qui ont précédé l’élection présidentielle de 2004, près de 4 millions de demandes d’inscription sur les listes électorales ont été jetées à la poubelle pour des raisons techniques. Nous avons vu à Los Angeles que des erreurs techniques de saisie sur les formulaires peuvent être facilement corrigèes - si les autorités ont pour objectif de permettre aux gens d’exercer leur droit démocratique au vote. Mais de toute évidence les autorités ne veulent pas que les gens exercent ce droit.

    Aujourd’hui, avec les nouveaux pouvoirs accordés par HAVA aux Secrétaires d’Etat, il n’y a plus de limite au nombre de demandes qui pourront être rejetées. De fait, les nouvelles réformes fédérales du code électoral sont devenues un moyen pour rendre les listes électorales aussi select et restreintes que l’adhésion à un Country Club dans le Vieux Sud.

    ______________________________________________________________________________

    Le syndrome de « l’élection volée » Anne Toulouse

    Depuis le recompte et la conclusion judiciaire de l’élection de 2000, les Américains ont perdu confiance dans leur système électoral. Rien de ce que font les États, ou le gouvernement fédéral, ne semble pouvoir rassurer les électeurs. Internet est plein d’histoires de complots destinés à spolier le vrai vainqueur. La création d’une commission indépendante présidée à l’origine par Gerald Rudolf Ford Jr. et Jimmy Carter ne fait que renforcer la méfiance, dans la mesure où le travail de cette commission fait ressortir de multiples irrégularités. Beaucoup sont commises de bonne foi, mais il y a une vieille tradition, dans les deux partis, qui consiste à exploiter toutes les failles du système. Les électeurs, comme nous l’avons vu, ne se soumettent pas volontiers aux contraintes de réglementation des opérations de vote. Les États qui ont voulu instaurer des contrôles pour vérifier la nationalité, ou même l’identité des électeurs ont été traînés en justice par des organisations de défense des libertés civiques. La présidente de la Ligue des électrices a, par exemple, décrété qu’il s’agissait d’une « pratique odieuse ».

    L’élection de 2008 connaîtra vraisemblablement les mêmes psychodrames que les précédentes, et la Commission électorale s’apprête déjà à appliquer sa philosophie de fonctionnement : ne pas s’émouvoir tant que la marge d’erreur ne dépasse pas la marge de la victoire d’un candidat !










    USA : chronique du fascisme en marche

     

      http://wolfdeck.files.wordpress.com/2007/09/police_state.jpg

    Naomi Wolf (née le 12 novembre 1962) est une auteure américain, consultant politique et intellectuel public. Dès son jeune âge,
    elle est devenue la star littéraire de ce qu'on a décrit après comme "la troisième vague" du mouvement féministe.
    On la connaît aussi pour son plaidoyer en faveur de la politique progressive. Actuellement, elle parcourt les Etats-Unis pour la
    promotion de son dernier livre : The End of America, où elle décrit de façon aigüe la façon dont son pays est en train de sombrer
    vers un fascisme qui ne dit pas son nom.

    Dans The End of America, l'auteure porte un regard acerbe sur l'accroissement de ce nouveau type de fascisme, décrivant les 10 étapes nécessaires

    pour un état qui veut prendre le contrôle des vies des individus :

       1. Invoquer un ennemi interne et externe terrifiants.
       2. Créer des prisons secrètes où la torture a lieu.
       3. Développer une caste de voyou ou une force paramilitaire non responsable devant les citoyens.
       4. Fonder un système de surveillance interne.
       5. Harceler les groupes des citoyens.
       6. Développement les arrestations arbitraires
       7. Cibler des individus clefs.
       8.Contrôler la presse.
       9. Traiter tous les dissidents politiques comme des traîtres.
      10. Suspendre l'autorité de la loi traditionnelle au profit d'une loi d'exception (type loi martiale).

    Le livre explique comment ce modèle a été suivi par les Nazis pour l'Allemagne hitlérienne et les Fascistes pour l'Italie, ansi qu'ailleurs dans le monde,

    et compare ces situations passées à la politique Américaine actuelle depuis les attentats du 11 septembre.

     Voici un extrait de son livre, traduit de l'américain par le journaliste indépendant français Grégoire Seither

     

     

     

    Depuis quelques mois je parcours l'Amérique, du Colorado à la Californie, et je parle avec des Américains de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu'elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.
    La bonne nouvelle est que les Américains se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent.
    Quand je me suis mis en route je pensais que j'allais affronter de l'opposition, de la résistance ou au moins de l'incrédulité quand je parlerais de l'obscurité qui s'étend lentement sur notre pays et l'héritage de liberté que nous ont légué nos ancètres.
    Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n'ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.
    A mon grand soulagement, j'ai redécouvert une société américaine qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n'ont pas peur d'entendre des mauvaises nouvelles et d'agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.
    Mais je suis écorchée vive par les histoires que l'on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n'arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.
    Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l'assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l'air solide et forte, courageuse… et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.
    L'autre jour, à Boulder (Coloradp), une jeune mère de deux deux enfants, la trentaine, l'image même de la jeune américaine dynamique, s'est effondrée alors qu'elle me parlait : "Je suis outrée par tout ce que j'entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j'ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j'ai peur. Comment lutter contre cette peur qu'ils ont plantée en nous ? Qu'est ce qui est mieux pour l'avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J'ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part."
    A Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m'a confié, loin des micros, qu'il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d'accéder à toutes les informations le concernant, comme l'y encourage l'agence anti-terroriste. "Mais en même temps, j'ai peur de ne pas le signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison… c'est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires" me dit-il d'une voix résignée.
    Ce matin, à Denver, j'ai parlé pendant plus d'une heure avec un très haut et très courageux gradé de l'armée, hautement décoré qui s'est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l'avion) parce qu'il a critique la politique de l'Administration Bush. Il m'a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd'hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.
    Ailleurs je suis abordé par un avocat qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s'est opposée à "l'interrogatoire musclé" d'un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s'est retrouvée devant une commission de discipline mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l'avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés… et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l'avion.
    Lors d'une conversation dans une soirée un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne - et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain - m'explique qu'une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d'en sortir. "Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n'est pas vrai, nous avons un système double qui n'efface jamais rien."
    Elisabeth Grant, de la coalition contre la guerre, a montré lors d'une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau américain retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l'agence anti-terroriste n'appréciait pas ses lectures.
    Comme à l'époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.
    L'autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey "Monstering" que j'étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d'interrogation utilisées par la CIA. Malgré le fait que j'avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville… on ne sait jamais, il contient des informations "classifiées" et on pourrait m'accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant.
    (…)
    Dans mon Amérique à moi, celle qu'on m'a apprise à l'école, on ne se comporte pas comme ça.
    (…)
    Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?
    Cette avalanche de témoignages d'abus et d'atteintes aux libertés des citoyens américains montre clairement qu'un réseau criminel et de surveillance est entrain de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n'a rien à voir avec la démocratie — ni même avec l'habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d'une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.
    Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d'une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien; dans un véritable état policier, personne n'est à l'abri.
    Je lis mon journal le matin et je n'en reviens pas :
    Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d'une balle dans la tête tirée à bout portant.
    Une femme comptable de l'armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d'une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.
    Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.(.)
    Ce matin le New York Times écrit que le Département d'Etat (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison Blanche soutien l'attitude méprisante du Département d'Etat vis à vis de la justice de ce pays.
    Ce n'est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l'histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La "Deuxième Etape" de la fermeture d'une société ouverte est la démonstration par l'Etat aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.
    En permettant au FBI et à la CIA d'arrêter n'importe quel citoyen américain et de le priver de ses droits légaux, le Ministre de la Justice a fait comprendre aux citoyens américains une leçon très simple : Nul d'entre vous n'est à l'abri de l'arbitraire d'Etat. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours… en toute légalité.
    (…) Si l'administration de ce pays annonce publiquement qu'elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice — alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d'affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu'elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux Etats-unis ?
    Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l'Etat sera t'elle assez puissante pour intimider nos représentants — et nous mêmes ?
    Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu'un député osera proposer une loi contre Blackwater s'il sait qu'il peut se faire tuer d'une balle dans la tête, en toute impunité ?
    (…) N'oubliez pas que, dans la situation actuelle, le Department of Homeland Security a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir. (…)

    Article original en anglais, American Tears, octobre 2007.
    Traduction: Grégoire Seither.


    Dernière minute :

    Coup d'état en 2008 aux Etats-Unis

    Le 4 Octobre 2998, tandis qu'elle participait à une émission de radio sur la station KEXP 90,3 FM à Seattle (Oregon), dans la quasi indifférence générale des médias traditionnels américains, Naomi Wolf avertit la nation qu'un coup d'état avait était mis en place le 1er Octobre 2008 avec le déploiement de la 3ème Division d'Infanterie, et de la 1ère Brigade de Combat sur le sol américain. Elle a appelé à l'arrestation immédiate de George W. Bush.[35][36][37]

    * voir mon article faisant état du démenti de Stars and Stripes et Army Times selon lequel l'Armée serait sur le pied de guerre en cas de graves troubles civils liés à la crise finacière et économique, ou tout autre événement non souhaité par l'administration Bush (comme par exemple l'élection d'un Noir à la Présidence ?)












    October 08

    XIII : la mini-série événement cet Octobre sur Canal + !


    XIII


    http://medias.lepost.fr/ill/2007/10/25/h-20-1042061.jpg

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    Réalisateur : Thomas Anargyros, Jay Firestone
    Date de sortie : Inconnue
    Acteurs : Stephen Dorff, Val Kilmer
    Film : Française, canadienne
    Genre : Action, Aventure
    Durée : 90 mn
    Année de production : 2008
    Synopsis : Un homme gravement blessé est retrouvé dans une forêt de la côte Est des Etats-Unis. Il a perdu la mémoire et ne sait plus qui il est. Très vite, un commando surarmé retrouve sa trace et tente de le tuer. En prenant la fuite, il se découvre une surprenante aptitude au maniement des armes, des réflexes et une violence qu'il ne soupçonnait pas. Sa photo fait bientôt l'ouverture des journaux télévisés, la police et les services secrets le prennent en chasse ; on l'accuse du meurtre de la Présidente des Etats-Unis. Commence une course effrénée pour retrouver son identité, et comprendre le rôle qu'on lui fait jouer dans un complot qui touche le sommet de l'administration américaine. Il n'a qu'une piste : le mystérieux chiffre XIII tatoué sur sa clavicule.

    Bande Annonce (anglais):
             



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    Qualité : TNT-RIP
    Nombre de CD/DVD : 2 épisodes pour l'instant
    Nombre de fichiers : 2
    Taille des fichiers : 712,40 et 701,64 Mo
    Taille totale : 1,38 Go
    Méthode de download : eMule et Bitttorent
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    Après quatre années de gestation agitée (le projet était un peu devenu "l'Arlésienne" de Cipango),  finalement doté d'un budget de 15 millions de dollars, d'un casting international Val Kilmer et Stephen Dorff, et d'un réalisateur expérimenté (Duane Clarke, qui a signé quelques épisodes des Experts), les deux téléfilms seront en double diffusion de prime time, le 6 et le 13 octobre prochain, sur la chaîne cryptée française avant d'être diffusée donc sur NBC aux ztazunis, et plus près de nous un peu plus tard sur M6...

    Récemment vendu au network NBC "qui a accueilli ce programme comme un événement", bientôt diffusée dans 52 pays, cette minie-série arrive un peu en terrain conquis, vu le succès de la bande dessinée.

    Image
    Téléchargez avec eMule (Ep 1) !

    Téléchargez avec eMule (Ep 2) !

    Téléchargez le torrent  (Ep1 )!

    Téléchargez le torrent (Ep 2) !









    October 03

    Plan Paulson: état de guerre civile entre le peuple et les élites

     

    Plan Paulson : la tension monte entre le peuple et les élites
    3 octobre 2008 - 13:36

     

    3 octobre 2008 (Nouvelle Solidarité) - Après l’annonce par le quotidien de l’armée américaine Stars & Stripes et de l’hebdomadaire Army Times du déploiement de 4000 soldats américains sur le territoire national, pour faire face à des actes terroristes et à leurs conséquences, et notamment pour gérer « les troubles civils et pour contrôler les foules », la tension monte à l’intérieur des Etats-Unis. Le plan de renflouement des spéculateurs est inconstitutionnel et soulève la colère de la population dont la vie quotidienne devient impossible. Lyndon LaRouche, lors de sa conférence internet du 1er octobre, à mis en garde contre le « danger que l’administration Bush et les intérêts auxquels elle est liée au niveau international puisse faire usage de la force militaire pour écraser cette résistance à leur politique. »
       

    Alors que le Northcom et le Pentagone tentent de démentir les articles de Stars & Stripes et de l’Army Times, en prétendant un but exclusivement « humanitaire », la journaliste et animatrice de l’émission de radio Democracy Now ! Amy Goodman, dénonce dans une tribune publiée par le Seattle Post-Intelligencer le 1er octobre, la mise en place d’un arsenal destiné à être tourné contre la population américaine. Elle rapporte une discussion avec le Lieutenant Colonel Jamie Goodpaster du Northcom, qui lui a expliqué que « néanmoins, les forces militaires auraient des armes sur place, létales et non létales, stockées dans des contenaires. Ils auront principalement des véhicules à roues, mais auront aussi accès à des chars », ajoutant que la décision de se servir de cet arsenal se prendrait au moins au niveau du secrétaire à la Défense.

    Elle souligne ensuite que l’administration Bush s’est octroyé le droit de passer au dessus des lois empêchant de tels déploiements : « La loi Posse Comitatus de 1878 interdisait la participation de militaires dans des opérations intérieures. Mais le John Warner National Defense Authorization Act de 2007 incluait un paragraphe permettant au président de déployer les forces armées pour « rétablir l’ordre public » ou réprimer « toute insurrection ». Si cette partie du texte a ensuite été abrogée par une autre loi, le président Bush y a attaché un « signing statement » disant qu’il ne se sentait pas contraint par cette abrogation. »

    Puis, sortant des questions légales et regardant la dynamique d’ensemble, Amy Goodman poursuit : « Avec l’opposition entre Wall Street et la population, les discussions sur des troubles survenant dans les rues américaines sont omniprésentes. (…) Sous la pression de leurs électeurs, les membres conservateurs et progressistes du Congrès ont bloqué la première version du plan de renflouement. Si l’économie s’effondre, si les gens ne peuvent plus accéder à leur épargne ou retirer de l’argent au distributeur, il pourrait y avoir de graves « troubles civils », et les soldats en question pourraient être appelés à « contrôler les foules », plus vite que l’on ne l’imagine. »

    « L’establishment politique et financier semble complètement agacé à l’idée que les gens s’opposent à leur plan de renflouement massif qui récompense les financiers joueurs. Dans cette période d’incertitude, les gens normaux se soucient de payer leurs factures, leur nourriture, leur essence, et leur loyer ou leur prêt hypothécaire. Personne ne leur a jamais proposé d’être renfloués. Le château de carte de Wall Street s’est effondré, et les riches banquiers ne recueillent pas la sympathie auprès des gens qui travaillent. (…) En décembre 2001, en plein milieu d’une crise financière qui empêchait d’accéder aux comptes bancaires, la classe moyenne argentine s’est levée, a pris la rue, détruit les devantures des banques et a fini par forcer le gouvernement à démissionner, alors que la répression policière était forte et que la tentative de contrôle des médias avait échoué. »

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    Le hold-up du siècle par Michael Moore

    Non, ce n'est pas le titre du prochain long métrage de Michael Moore, mais bien un cri d'alarme que le réalisateur Américain tente de prononcer au milieu des magouilles politico-boursico-financières qui se déroulent en ce moment devant nos yeux révoltés aux USA. Croyez bien que, même ici en Europe, nous en paierons les tragiques conséquences...

    Le hold-up du siècle, par Michael Moore


    mercredi 1er octobre 2008, par Reprise d’article.    http://www.oulala.net/Portail/IMG/arton3655.jpg



    « Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années.... Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. » Le cinéaste Michael Moore appelle ses concitoyens à agir contre le plan Paulson qu’il juge inacceptable.

    Par Michael Moore, Common Dreams, 29 septembre 2008 (extrait)

    Permettez-moi d’aller droit au but. Le plus grand holp-up de l’histoire de ce pays se déroule au moment même ou vous lisez ces lignes. Aucune arme à feu n’est utilisée, mais 300 millions de personnes ont été prises en otages. Ne nous méprenons pas : Après avoir dérobé 500 000 milliards de dollars qui ont été empochés depuis 5 ans par leurs soutiens les profiteurs de guerre, après avoir garni de plus d’une centaine de milliards de dollars les poches de leurs amis les pétroliers depuis deux ans, Bush et ses potes - qui doivent bientôt quitter la Maison Blanche - sont en train de piller le Trésor américain de chaque dollar qu’ils peuvent récupérer. Ils prennent dans le coffre autant qu’ils pourront en emporter en se dirigeant vers la sortie.

    Peu importe ce qu’ils disent, peu importe les mots terrifiants qu’ils emploient. Ils recourent encore une fois à leurs vieux trucs consistant à créer la peur et la confusion afin de rester parmi les 1% les plus riche. Il suffit de lire les quatre premiers paragraphes de l’article de la une lundi dernier dans le New York Times, pour comprendre la réalité du contrat proposé :

    « Au moment même où les responsables politiques travaillent sur les détails d’un plan de sauvetage du secteur financier de 700 milliards, Wall Street commence à chercher le moyen d’en tirer profit.

    Les entreprises financières ont exercé un lobbying afin que toutes sortes d’investissements en détresse y soient inclus, en plus de ceux qui sont liés aux prêts hypothécaires.

    Dans le même temps, les firmes de gestion d’investissement intriguaient pour que leur soient confiés les actifs que le Trésor prévoit de sortir du bilan des établissements financiers, un rôle qui pourrait leur faire gagner des centaines de millions de dollars par an.

    Personne ne veut rester à l’écart de la proposition du Trésor pour acheter les actifs douteux des établissements financiers. »

    Incroyable ! Wall Street et ses soutiens ont créé ce gâchis, et maintenant, ils prétendent faire le ménage en s’en mettant plein les poches. Même Rudy Giuliani fait pression pour que son entreprise soit retenue (et payée) pour « consulter » durant le sauvetage.

    Le problème, c’est que personne ne sait vraiment ce que cet « effondrement » signifie. Le secrétaire au Trésor Paulson a admis lui-même qu’il ne connaît pas le montant exact nécessaire (il a tout simplement sorti ce chiffre de 700 milliards de sa tête !). Le responsable du Congressional Budget Office a déclaré n’avoir pas trouvé de raison à ce montant et ne pouvoir l’expliquer à quiconque.

    Pour autant, ils crient que la fin est proche ! Panique ! Récession ! La grande dépression ! Le bug de l’an 2000 ! La grippe aviaire ! Il faut voter le projet de loi sur le sauvetage aujourd’hui ! Le ciel nous tombe sur la tête ! Le ciel nous tombe sur la tête !

    Il tombe pour qui ? RIEN dans ce plan de « sauvetage » ne fera baisser le prix de l’essence que vous mettez dans votre voiture pour aller travailler. RIEN dans ce projet de loi ne vous protégera contre la perte de votre maison. RIEN dans ce projet de loi ne vous donnera une assurance maladie.

    L’assurance maladie ? Mike, pourquoi en parler ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’effondrement de Wall Street ?

    Cela a tout à voir. Ce soi-disant « effondrement » a été déclenché par les défaillances massives et les saisies provoquées par les crédits hypothécaires. Savez-vous pourquoi tant d’Américains sont en train de perdre leurs maisons ? A en croire les Républicains, c’est parce que trop d’idiots de la classe ouvrière ont souscrit des prêts qu’ils ne pouvaient pas assumer. Voici la vérité : La raison numéro un pour laquelle les gens sont ruinés c’est à cause des dépense de santé. Permettez-moi de l’exprimer clairement : Si nous avions eu une assurance santé universelle, cette « crise » des crédits hypothécaires pourrait n’avoir jamais eu lieu.

    Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années. C’est pour protéger l’élite des actionnaires qui possèdent et contrôlent l’entreprise Amérique. C’est pour s’assurer que leurs demeures, leurs yachts et leur « style de vie » ne soient pas remis en causes tandis que le reste de l’Amérique souffre et se bat pour payer ses factures. Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. Nous dépensons 400 millions de dollars par jour pour la guerre en Irak. Qu’ils mettre fin à la guerre immédiatement et nous fassent économiser 500 milliards de dollars supplémentaires !

    Je dois arrêter d’écrire et vous devez arrêter de me lire. Ils organisent ce matin un « coup » dans notre pays. Ils espèrent que le Congrès agisse vite avant qu’il ne prenne le temps de réfléchir, avant que nous ayons une chance de les arrêter nous-mêmes. Alors, arrêtez de lire et faites quelque chose et faites le MAINTENANT !

    (...)

    P.S.

    Publication originale Common Dreams, traduction Contre Info