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February 28 Du secret défense à la défense des secrets d’Etat
Le
projet de loi n° 1216 relatif à la programmation militaire pour les
années 2009 à 2014 (articles 12 à 14) va accroître sans limites
précises les zones d’influences protectrice du secret défense en
laissant le dessin de ses contours, au coup par coup, entre les mains
du gouvernement. Le voile du secret va donc s’étendre sur de grands
pans de l’activité gouvernementale. 
Photo : Le général de corps d’armée Alain Addé, directeur central du service d'infrastructure de la défense (SID)
Dès que l’Etat estimera que cela peut gêner ses petites et grandes
manœuvres d’arrière-cuisine, citoyens, journalistes, magistrats,
associations de défense se verront opposer à leurs questions un secret
étendu : sur les risques d’une explosion, une fuite nucléaire, un
accident maritime, un trafic d’arme, un fichage en réseau.
Le verrouillage des secrets d’Etat est donc en bonne voie et dans de
bonnes mains bien contrôlées. L’extension du sanctuaire de secret
défense vise à entraver la manifestation de la vérité. Ce pouvoir, qui
s’expose, comme aucun autre pouvoir avant lui, au regard de la presse
et du peuple, se prépare à jeter un voile protecteur sur toutes les
activités qu’il estimera lui-même secrètes. Que le peuple surtout ne
sache rien ; après la concentration du pouvoir dans les mains de
l’exécutif se prépare la création des zones de pouvoir furtives.
Ainsi, dès que de près ou de loin, un bureau, un processus
informatique, un lieu de stockage, un document, une entreprise, du
matériel, des produits chimiques ou nucléaires, des images, des
fichiers pourront se rattacher d’une façon ou d’une autre à un supposé
intérêt supérieur de la nation, tombera sur lui l’écran protecteur de
l’exécutif drapé dans un intérêt d’Etat fort indéfini. Nous savons tous
depuis le célèbre «l’Etat c’est moi» que, de secret de la défense en
secret d’Etat puis en secret du monarque, on finit toujours en secret
de cabinet ou en cabinet des secrets. D’évidence, si le tout-à-l’égout
voit le jour au Cap Nègre, ses confidentiels tuyaux qui conduiront au
sein des seins des vacances présidentielles deviendront des «lieux
classifiés secret défense».
Cette réforme crée un risque majeur d’étendre à l’infini la liste des lieux et des personnes intouchables
Seront d’abord créés des lieux classifiés —à discrétion d’un décret
gouvernemental. Le seul fait d’y pénétrer «donnera connaissance d’un
secret». Puis une liste des lieux susceptibles d’abriter des secrets
défense sera également établie. Enfin, un lieu dans lequel on
découvrira un document concernant un secret défense deviendra de ce
seul fait protégé. Il suffira donc que lors d’une perquisition, par
hasard, une petite enveloppe avec une inscription «secret défense»
traîne sur la baignoire pour que l’appartement de tel ou tel haut
dignitaire devienne un lieu intouchable.
Dans ce projet de loi, l’incrimination des atteintes au secret de la
défense nationale est modifiée par la substitution de la notion de
«renseignements» à celle d’«informations» totalement indéfinie et
extensible à l’infini. La conception de l’atteinte au secret de la
défense nationale sera tellement étendue que l’on sombrera dans la
défense du secret d’Etat.
Tout est fait pour rendre les perquisitions impossibles ou totalement inefficaces.
Les perquisitions réalisées dans les lieux sensibles ou dans des lieux
neutres où sont découverts incidemment des éléments classifiés couverts
par le secret de la défense nationale ou dans les lieux classifiés
seront excessivement encadrées. L’article 12 transforme les
perquisitions en mascarade judiciaire avec tambours et trompettes, sans
aucun effet de surprise, il s’agit d’un pur habillage pour les
interdire sans le dire. L’article 12 oblige même le juge à révéler les
motifs de sa perquisition et à décrire ce qu'il vient chercher ce qui
est absurde car impossible et contraire à l’objectif d’une
perquisition. Dans les lieux qui se révèlent abriter un secret défense
(article 12 II), le juge d’instruction devra informer le président de
la commission consultative du secret défense qui contrôlera les
éléments saisis. Le caractère insaisissable et inutilisable dans la
procédure judiciaire d’éléments classifiés qui auront été fortuitement
découverts et n’auront pas été préalablement visés sera généralisé,
même s’ils prouvent la réalisation d’un crime.
La population et les victimes des catastrophes risquent d’être privées
d’éléments importants dans les dossiers judiciaires face à un secret
défense qu’on leur opposera à tout bout de champ.
En cas de fuite nucléaire, d’explosion, d’accident chimique, de vente
d’armes illicite, de détournements financiers, d’utilisation d’images
ou de réseaux par des moyens anormaux, voire de mort suspecte, le ou
les victimes ne pourront plus obtenir de la justice qu’une enquête
incomplète et partiale. Il suffira qu’au niveau gouvernemental on
exhibe le secret de la défense devenu tellement extensif. C'est un
festival de défiance à l'égard du juge : même le PV de saisie ne peut
être joint à la procédure ! Comme si les juges et les procureurs
étaient par essence des traîtres à la nation dont le seul but serait de
transmettre nos très chers secrets aux puissances ennemies. Or aucun
juge d’instruction n'a jamais voulu connaître des informations liées au
secret défense à l'état pur. Le secret défense a toujours été utilisé
par le pouvoir pour entraver la justice et la manifestation de la
vérité en l'utilisant comme prétexte et pour servir de protection aux
basses œuvres appelées secrets d’Etat.
Ne nous y trompons pas, derrière cette paranoïa anti-juge c’est bien le
peuple, dont il est un des derniers recours, qui est visé. Nos
dirigeants ne souhaitent pas que les citoyens mettent leur nez dans la
réalité de l’exercice du pouvoir. Pourtant, démocratie et transparence
sont indissociables. Quand le secret d’Etat devient la préoccupation
d’un pouvoir cela signifie qu’il estime avoir des secrets à cacher,
lesquels ? La liste est longue des affaires dans lesquelles la vérité a
été dissimulée en opposant le secret défense : de l’assassinat du juge
Borel, à celle des frégates de Taiwan en passant par celle du Rainbow
Warrior ! Va-t-on l’allonger ?
• Dominique Barella •
(Ancien membre du Conseil Supérieur de la Magistrature, ancien président de l’Union syndicale des magistrats) http://lajustice.blogs.liberation.fr/barella/2009/02/du-secret-dfens.html
Publié le 25/02/2009 à 18:25 Le Point.fr
L'état-major de l'armée de terre condamne certaines méthodes d'entraînement
de la Légion étrangère
par Jean Guisnel 
La publication d'un rapport de l'association de défense des
droits des militaires ADEFDROMIL sur les atteintes aux droits de l'homme dans
les armées françaises a mis en cause les méthodes de commandement de la légion
étrangère © TSCHAEN/SIPA
Témoignage de Sadi Sainton, étudiant à l’Université Antilles Guyane en Guadeloupe
vendredi 27 février 2009, par jesusparis
Je vous envoie ce mail un peu long,
certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne
voyez pas trop dans les JT de canal+, France Télévision, TF1, M6,
LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de
l’intérieur. J’espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire
ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si
c’est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c’est cette
question qui m’a poussé à écrire un si long mail, mais je crois que
tout comporte son intérêt...
Pourquoi ? Parce que j’imagine que vous
entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très
partielles (et partiales). Parce que je pense qu’il peut y avoir
méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise au sein de PMP6.
N.B : Je soutiens cette grève. Ce mail
comporte donc une dose de subjectivité, mais je ne fais ni dans la
propagande, ni dans le mensonge. Je reste objectif sur des faits dont
vous n’entendez probablement pas parler.
Let’s go !
En effet, la Guadeloupe connaît depuis
bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de
grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s’agit
pas tout à fait de cela).
Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j’écris à
mesure que ça vient et je m’excuse d’avance des fautes d’orthographe
que ma vigilance laissera passer).
Une grève contre la vie chère ? Non. Pas vraiment
Le collectif qui mène la grève est un
ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de
consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant
le début de la grève générale, et personne n’a jugé bon de s’en
préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres.
Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère.
Mais alors qu’est-ce que cette grève ?
Le collectif à l’initiative de cette
grève s’appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C’est du créole).
Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C’est une
mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les
rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la
population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure :
c’est historique. C’est la plus grande mobilisation de l’histoire de la
Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une
semaine, la Martinique emboîte le pas, la réunion depuis deux jours, et
la Guyane s’y prépare.
Qu’est-ce que la "pwofitasyon" ?
Surtout, ne pas traduire par "profit"
(c’est un faux amis).
La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par
"profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne
l’abus de pouvoir qu’un puissant exerce sur quelqu’un dont il sait déjà
qu’il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné.
L’exemple type, est celui des enfants dans la cours de récréation d’une
école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cours des
"pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n’auront que leurs yeux pour
pleurer. (N’est-ce pas mignon, notre cher et tendre enfance ?)
Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous
Le constat est le suivant. En
Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu’en France et donc
parmi les plus élevés d’Europe et du monde. On constate (pour les mêmes
enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que
l’éloignement (il faut bien payer le transport) n’explique pas
(exemple : 84% sur les pâtes alimentaires). Selon tous les experts,
après analyse de la chaîne, de la production au caddie du consommateur,
en passant par le transport, le surcoût par rapport à l’hexagone ne
devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées
ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.
Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :
L’essence
que payaient les guadeloupéens était l’une des plus chère au monde. Il
y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole,
certes, mais cela n’explique absolument pas le cours des prix en
Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd’hui qu’un début
de lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le
conteste.
Le
LKP a présenté à l’état son expertise des méthodes de fixation des
prix, résultat : tout le monde est d’accord sur le constat qui consiste
à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève
générale comme forme choisie pour le dénoncer). Le secrétaire d’état
aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de
l’Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont
l’actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m’accorderez sans doute
que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si
après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues
(ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux
guadeloupéens sous la forme d’un fond pour la formation
professionnelle. [1]
Quant
aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un
panier de la ménagère" constitué d’environ 100 produits sur lesquels la
grande distributions n’aurait plus le droit de dépasser les prix de
l’hexagone de plus de 10%, avec la création d’un organe bi-mensuel de
contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives. Les géants de la
distribution sont en situation de quasi monopole. Il s’agit
principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des
fortunes françaises). En plus ils détiennent l’importation et ont le
monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour
accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des
groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains
d’une ethno-classe compacte et réduite [2]
Autre
détail intéressant. Parmi les revendications sur le coût de la vie, il
y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s’est-il
passé ? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans
l’hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant,
avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté
une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie
que les tarifs étaient effectivement abusifs.
Le reste des revendications ?
Elles traversent TOUS les domaines de
la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education,
Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté
syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et
infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s’agit de réclamer
des mesures pour contrôler désormais les prix). J’appelle ça un
mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je
n’y peux rien. C’est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt
l’ensemble des domaines de la société.
Rappelons que ces revendications sont
au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier
immédiatement, puis d’autres qui demandent des réponses plus purement
politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long
et moyen terme.
Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.
Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutus 200€ que le LKP demande ?
Parce que cela fait partie
effectivement des revendications et comme tout le monde s’y attendait,
c’est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le
patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.
Commentaire personnel : je trouve ça
dommage qu’un si beau mouvement bloque sur un point que je considère
comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la
Guadeloupe. [3]
Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors ? Mais pas du tout !!
C’est cette question qui m’a poussé à
écrire ce mail. Un ami métropolitain m’a appelé aujourd’hui pour me
demander si on tenait le coup. Au début j’ai commencé à répondre que
malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il
me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le
réfrigérateur" !!
La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les
hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits
commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont
de plus en plus vides...
MAIS : La Guadeloupe s’organise. L’UPG
(Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti
du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à
pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les
éleveurs continuent à s’en occuper et à vendre leur viande. La terre
n’est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs
exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n’a jamais
été aussi plein.
Les hyper marchés sont fermés, mais les
marchés sont ouverts. Il y a mieux : des marchés populaires sont
organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les
producteurs y vendent leurs denrées aux prix auxquels ils ont
l’habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent
pas leur récolte ni leur revenus, et le portefeuille du consommateur
apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne
sont plus là.
Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n’avons jamais
autant consommé local !!
Je n’ai pas de purée mousseline, je
n’ai plus de pâtes panzani... et alors ? J’ai des tubercules, des
légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs,
des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d’habitude.
En fait, je crois que je n’avais jamais mangé aussi équilibré de ma
vie.
Si vous n’avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale
fait de la désinformation ?
Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on vous ment. Disons que parmi tout ce
que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent
5%, et le choisissent d’une manière assez surprenante.
La première semaine, ils n’en parlaient
pas. La deuxième semaine, ils n’ont montré que des images de touristes
dont les vacances ont été gachées par cette grève (je suis sincèrement
désolé pour eux, mais c’est la vie). Ils ont montré des rayons de super
marché vide et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait
le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on -
pénaliserait de manière irrémédiable l’économie Guadeloupéenne.
Puis Le secrétaire d’état aux DOM est
arrivé en Gaudeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son
staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets baclés.
Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd’hui, l’information
que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.
Les "vrais" reportages font leur apparition. France inter a fait une
longue émission dessus, j’ai pu voir un long article sur Elie Domota,
porte parole du LKP dans je journal Le Monde. Libération a publié un
long texte d’Enest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à
changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail
ont appris beaucoup de choses.
Pour les plus courageux, j’ajoute
encore quelques points importants. Je quitte la description pour
rentrer dans l’analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).
Xénophobie ? Racisme ? Les slogans ?
Non, non, et trois fois non ! Le slogan
principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :
"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé,
adan péyi an-nou"
Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous, La Guadeloupe n’est
pas à eux. Ils ne feront pas ce qu’ils veulent dans notre pays"
Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur
appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu’ils veulent dans
notre pays."
La question qui inquiète certains : mais qui est ce nous et ce eux ?
Nous = noirs ? Eux = blancs ? Si oui, lesquels ? Les blancs en général
(métropolitains) ou les "béké", descendants des maîtres d’esclaves et
qui ont su conserver leur domination économique et d’influence grâce
aux héritages de génération en génération depuis l’époque esclavagiste,
jusqu’à présent (sans la diluer dans le reste de la population car le
béké fait souvent attention à "conserver la race"). [4]
Selon moi, il ne s’agit pas de ça. Moi
qui vit ce mouvement de l’intérieur, moi qui reprend ce refrain avec
joie depuis 4 semaines, je n’ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et
tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.
Mais alors qui ?
Eux...mais bien sûr, cela désigne les
"profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n’est
pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un
simple marché ou tout le monde peut venir faire ce qu’il veut, comme
dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce
collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l’impression que
c’est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l’État,
volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c’est par
négligence).
On en est à une situation ou il a fallu
qu’un collectif de 49 association déclenche une grève générale et les
plus grandes manifestations de l’histoire de la Guadeloupe pour que
l’Etat, enfin joue son rôle d’arbitre et de répression des fraudes. De
nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de
manières isolées et sans réel résultat. Aujourd’hui, la tendance semble
s’inverser. C’est ce "eux" là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27
jours).
Quant au nous, il est prometteur de quelque chose de tout à fait
nouveau, qui peut être enfin dépassera les clivages de race (ou en tous
cas tendra vers ça). La première personne à m’avoir envoyé un sms pour
me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne ...blanche !
Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu’un
qui lie son destin à celui de la Guadeloupe. Il est souvent noir
(question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux
indiens ont débarqué en Guadeloupe après l’abolition de l’esclavage).
Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les
dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan. Surtout,
nous ne sommes pas prêts à échanger sous prétexte de la race, une
pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est
moral, bien plus que racial.
Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème de racisme en
Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on
monte vers le sommet de la pyramide, plus les peux sont claires. Les
races n’existent pas, c’est une vérité qu’il faut répéter sans cesse...
Mais le racisme existe et le poids de l’histoire esclavagiste et
coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un
formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu’ils sont,
pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d’ajouter que je suis
assez optimiste sur cette question.
Scolarité en péril ?
J’étais à Paris VI lors de la grève
contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire
11 semaines (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a
fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à
voir disparaître les vacances de pâques, pentecôte et les jours fériés.
D’ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de
nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de France
télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des
enseignant sur les plateaux de télévision, afin que tout le monde
puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de
l’île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen !
Évolution statutaire ?
Peut être. En tous cas la question est
posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s’exprime sous forme de grève
mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous
les fondements de la société sont remis en question.
Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont
ceux qui sont "au moins" autonomistes. Pourtant, après 4 semaines,
aucun membre (sans exception) n’a jamais prononcé les mots "évolution
statutaire". C’est un débat qui déchaîne les passions et pour le bien
du mouvement, il convient de rappeler que ce n’est pas le but du
mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que
veulent les Guadeloupéens.
Si les hommes politiques apportent
parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes
les façons objet de débats, et de référendum.
Mon avis sur la question
Les lois françaises sont conçues pour
répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d’une France au
coeur de l’Europe, société post-industrielle. Elle n’ont jamais convenu
ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour
pallier le "handicap", nous sommes toujours passé par des lois, qui
mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd’hui, le système
d’intégration montre ses limites. Ceux qui jadis s’en accommodaient,
aujourd’hui soutiennent massivement un mouvement social, qui -bien que
ce ne soit pas son objectif- attire l’attention sur le fait que rien ne
va bien et qu’il faut peut être songer à changer les choses en
profondeur.
Quelque soit ce qui arrive,
l’indépendance n’est absolument pas à l’ordre du jour. Ni l’Etat, ni le
LKP, ni les nombreux manifestants qui soutiennent le LKP, ni même les
organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne
considèrent que la question est à l’ordre du jour. Les organisations
"anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral
du droit des peuples à l’autodétermination qui est un droit inaliénable
inscrit dans la charte de l’ONU ; mais s’accordent pour dire qu’il faut
aller pas à pas, sans brûler les étapes.
Les pistes avancées sont plutôt celles
d’une évolution statutaire dans le cadre de la République Français
(genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir
décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de
répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos
îles baignent dans le bassin caraïbéen !).
Je vous remercie d’avoir bien voulu
lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni
sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du
style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et
j’expose là, ce que je comprends de ce mouvement.
P.S : : J’ai commencé ce mail hier.
Aujourd’hui, la situation a un peu évolué. La répression policière et
militaire est désormais en marche.
Le mouvement a une dimension
internationale. Hier, c’est le révérend Jessy Jackson en personne qui a
envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations
syndicales du monde entier (je n’exagère pas) rentrent en contact avec
le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000
personnes, sans un débordement (c’est le service d’ordre du LKP qui
organise la sécurité générale).
La Guadeloupe vient de connaître ses 27
jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n’y a eu
si peu d’agressions et de faits divers. 0u d’accidents de voitures (pas
d’essence, tout le monde roule à 70 km/h).
Les Guadeloupéens sont vraiment fiers
de ce mouvement. Mais ce matin, la répression a commencé face a un
mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine
d’arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages
pacifiques. Une des têtes du LKP a été blessée. Il a subi des injures
racistes venant des forces de l’ordre (toux ceux qui s’y connaissent un
peu en histoire de la Guadeloupe savent que c’est monnaie courante lors
des répressions de mouvement sociaux aux DOM).
Je ne fantasme pas sur le poids de
l’histoire. Tout au long de la seconde moitié du 20è siècle, tous les
grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes,
lorsqu’à Paris, le gaz lacrymogène suffisait largement. C’était le cas
en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a
apporté son lot de mort, même si celle de mai 1967 accapare toutes les
mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de
personnes.
Évidemment, de l’eau a coulé sous les
ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le préfet et l’état jouent à
un jeu dangereux. Car l’ensemble des mobilisés connaît le poids de
l’histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti
que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas...
Le LKP a appelé au calme. Il appelle à
la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression.
L’immense majorité des interpellés aujourd’hui ont été relâchés ce midi
grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée
pacifiquement devant la police et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La
tension redescend petit à petit.
Le préfet avait promis que les environ
4000 CRS débarqués en Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste
une sécurité qu’il souhaitait de tout coeur ne pas utiliser. Depuis que
les négociations sont bloquées, d’autres ont débarqué...
Sadi SAINTON
Et comme on dit dans les îles : Kimbé rèd pa moli !
Notes[1] La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C’est elle qui distribue l’essence.
[2] voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maîtres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV
[3] Il s’agit d’une augmentation de 200€ des bas salaires
[4] voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maîtres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NVLexique pour les non créoles : Définition du mot "pwofitasyon" selon nous les antillais : "poursuite acharnée du plus faible que soi" correspondrait le mieux d'après les divers commentaires .
February 20
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Écrit par Simon Davies
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TUESDAY, 04 DECEMBER 2007 18:27
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Simon Davies Sott.net (Site traduit en français : http://www.futurquantique.org)
Cet article prophétique, écrit après les émeutes de banlieue de 2007 alors que Sarkozy n'était alors que Ministre de l'Intérieur du doux Royaume de France, illustre bien la situation dans laquelle nos dirigeants politiques, syndicalistes, en bref, tout le monde s'est laissé berner par ce despote, avec l'aide appuyée des médias complices... Méditez bien ce texte, la boîte de Pandore est maintenant ouverte et il va falloir faire avec son contenu...
Ce n'était pas au menu, ça ! (pancarte : grève générale) Citoyens de France, Que ressentiriez-vous si : Vous deviez contracter une assurance médicale privée onéreuse pour être sûr de bénéficier de soins médicaux ? Chaque hôpital refusait tout soins médicaux à ceux qui n'ont pas d'assurance médicale privée ?
Il n'y avait pas le filet de la sécurité sociale, pas d'assurance chômage pour vous-même, votre famille et vos enfants ? Vous
deviez travailler 40 à 60 heures par semaine avec une seule semaine de
vacances par an – et cela seulement après avoir travaillé pendant un an
ou deux ? Vous deviez emprunter de l'argent chaque année juste pour nourrir votre famille et garder un toit au-dessus de vos têtes ? Vous deviez emprunter 100 000 euros pour payer les études universitaires de votre enfant ? Vous
aviez une dette bancaire tellement énorme que vous ne seriez jamais
capable de la rembourser et ne pourriez jamais cesser de travailler
jusqu'à votre mort ? Les
universités étaient financées par des entreprises et obligées
d'enseigner seulement ce que ces entreprises jugent important ? Toute
l'infrastructure de la France et les richesses nationales étaient «
privatisées » au bénéfice de quelques élites opulentes qui vous disent
ce que vous pouvez ou non faire dans votre propre pays et vous font
payer les ressources naturelles qui sont actuellement le bien commun de
tous ? Si
vous pouvez imaginer ce que serait la vie dans de telles circonstances,
alors vous savez à quoi ressemble la vie aujourd'hui pour une majorité
d'Américains. Les Américains pensent qu'il est normal de travailler 50
heures par semaine avec seulement une semaine de vacances par an. Il y
a beaucoup d'histoires horribles sur des Américains sans assurance
refusés dans les hôpitaux. Le système d'éducation américain a abouti à
un taux d'alphabétisation de 50 % et seuls les riches peuvent accéder à
l'université. Les
Américains croient qu'une telle vie – une vie basée sur la quantité
d'argent que vous possédez – est le symbole de la liberté, parce qu'ils
ont subi un lavage de cerveau qui leur fait croire que l'argent fait
l'homme. Voulez-vous la même chose pour la France ? Vous ne me connaissez pas personnellement, mais pour paraphraser une réplique du film V pour Vendetta :
« Je suis Edmond Dantès... et je suis votre père. Et votre mère...
votre frère... votre ami. Je suis vous... et moi. Je suis chacun
d'entre nous. » Dans
la vraie vie, je suis un ancien banquier d'affaires pour une de vos
plus grosses banques. J'ai des diplômes en économie et j'ai passé la
majeure partie de ma vie d'adulte à observer les mouvements du capital
international et la façon dont il est manipulé par les gouvernements et
les grandes entreprises pour satisfaire à leurs propres objectifs. Je
suis aussi rédacteur pour le site http://www.sott.net/
parce que je le considère comme la voix de la Vérité la plus limpide
sur Internet. Mais, assez parlé de moi. C'est de vous, c'est de la
France dont je veux parler. De
nombreux citoyens français se rappellent à quel point la France dormait
pendant les années 1930, alors que l'Allemagne se réarmait et
concoctait ses plans de domination européenne, des plans qui n'étaient
pas cachés mais fièrement annoncés par Hitler et ses nazis, pourtant la
France dormait et en a subi les conséquences horribles et inévitables.
Peuple de France, votre président – un représentant de la cabale de
l'élite mondiale et corporatiste avide de pouvoir – a énoncé ses plans
clairement tout comme Hitler l'a fait, et encore maintenant vous
dormez. Vous êtes en train d'être envahis, non pas par une armée, mais
par des idées malveillantes et répugnantes répandues par vos leaders
politiques et les médias. Le but est d'infecter vos esprits avec ces
idées et de faire du peuple français l'architecte de sa propre
destruction. Quand votre président parle d'une « rupture » avec le
passé, ce qu'il veut dire, c'est une rupture de la société française ;
la destruction de la manière de vivre à la française, et cela ne sera
pas moins horrible que l'invasion précédente par Hitler et ses hordes.

John Fitzgerald Kennedy a prononcé ce discours maintenant célèbre : «
Car nous sommes confrontés, à l'échelle mondiale, à une conspiration
monolithique et impitoyable qui s'appuie essentiellement sur des moyens
voilés pour étendre sa sphère d'influence ; sur l'infiltration plutôt
que l'invasion ; sur la subversion plutôt que les élections ; sur
l'intimidation plutôt que le libre choix ; sur les guérillas nocturnes
plutôt que les armées en plein jour. C'est un système qui a enrôlé de
vastes ressources humaines et matérielles pour la construction d'une
machine hautement efficace, bien soudée, qui combine des opérations
militaires, diplomatiques, d’espionnage, économiques, scientifiques et
politiques. Ses préparatifs sont dissimulés, pas publiés. Ses erreurs
sont enterrées, pas mises en lumière, ses dissidents sont réduits au
silence, pas glorifiés ; aucune dépense n'est remise en question,
aucune rumeur imprimée, aucun secret dévoilé. En bref, elle mène la
guerre froide, avec une discipline de guerre qu'aucune démocratie
n'oserait espérer atteindre... » Votre
ennemi est bien organisé, a un financement illimité, est mondial,
impitoyable et a quasiment le contrôle total des médias. Votre ennemi
est parmi vous, et en de nombreuses façons, en vous, car vous avez été
conditionnés à penser en termes limités, et de là, auto-limitants.
Votre ennemi projette de détruire vos structures sociales paternalistes
par l'introduction de ce que l'on nomme un modèle économique «
néolibéral américain » ; ou comme la journaliste Naomi Klein l'a nommé,
un « Capitalisme du désastre ». Vous
avez été amenés à croire que la France est en quelque sorte protégée
des prédations de l'économie néolibérale. Cela a été accompli en grande
partie en vous maintenant ignorants de la vérité, à cause de la
barrière du langage. Le monde anglophone est gorgé d'avertissements sur
ce que l'économie libérale veut dire, pourtant la littérature
disponible en France sur ce sujet des plus importants est limitée.
Pourquoi cela ? Comment se fait-il que vous en sachiez si peu sur ce
qui se passe vraiment hors de France ? M.
Sarkozy tente de manipuler cette ignorance et d'encourager un intérêt
personnel et une jalousie extrêmes, qui sont hérésie pour la psyché
française. Bien qu'ils hésitent à l'admettre, beaucoup des supporters
de M. Sarkozy issus des classes moyennes (supérieures) sont motivés par
la jalousie. Ils sont jaloux des avantages sociaux dont jouissent les
fonctionnaires et sont manipulés par M. Sarkozy pour soutenir une
politique qui dépouillerait les fonctionnaires de ces avantages. Ce que
cette classe moyenne échoue à comprendre, c'est qu'en soutenant
actuellement l'action gouvernementale contre la classe ouvrière, ils se
préparent eux-mêmes un traitement similaire dans un avenir proche. Ne
vous y trompez pas, les seuls gagnants qui émergeront de la « rupture »
de M. Sarkozy seront l'élite dirigeante, les grandes entreprises
internationales et les vautours étrangers qui becquetteront les os de
la France. Les classes moyennes/professionnelles qui soutiennent
actuellement M. Sarkozy perdront aussi leur confort de vie, ils ne le
savent simplement pas encore. Ils croient que par quelque mécanisme
miraculeux, ils deviendront plus riches aux frais du travailleur
ordinaire et que cela est « juste », « nécessaire » et « moderne ». Il
se peut que l'élite dirigeante permette qu'une petite part des
richesses de la France soit « prêtée » aux classes moyennes à court
terme, et qu'elle achète ces classes moyennes pour quelques euros, mais
cela sera transitoire et finalement illusoire. Croyez-moi, je le sais.
La banque c'est mon métier. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le
mécanisme utilisé pour soudoyer les classes moyennes a été l'inflation
immobilière. Au cours de ces dernières années, un boom massif des
valeurs immobilières a été manigancé pour fournir l'illusion de la
richesse. Pourtant aujourd'hui, alors que les prix commencent à chuter,
cette richesse s'évapore tandis que la dette contractée pour acquérir
ces propriétés reste bien réelle et s'accroît de plus en plus, ce qui
sonnera au final le glas des classes moyennes dans ces pays. M.
Sarkozy est un homme malin et impitoyable. Il sait qu'il ne peut pas
persuader la France d'accepter le néolibéralisme (1), et au final, le
fascisme, de façon directe. Il doit manipuler la France pour l'amener
dans une situation où le résultat sera un « fait accompli ». Comment
cette manœuvre sera-t-elle réalisée ? C'était
le sujet discuté par les rédacteurs de SOTT juste avant le début des
récentes grèves françaises. Nous avons remarqué qu'une situation
similaire existait au Royaume-Uni quand Margaret Thatcher est arrivée
au pouvoir en 1979, « engagée dans un programme clair visant à la
réduction du pouvoir et de l'influence des syndicats » (2), et avec des
plans soigneusement formulés pour « rompre » le pouvoir de la classe
ouvrière britannique. Nous avons spéculé que des tactiques similaires
pourraient être utilisées en France. Et ainsi, puisque la banque, c'est
mon métier, on m'a demandé de creuser le sujet et de vous présenter, à
vous, peuple de France, les grandes lignes de votre avenir. La
clé du succès de Margaret Thatcher a été une politique de « rupture »
et l'installation du néo-libéralisme en Grande-Bretagne a été
longuement préparée : a.. Une augmentation massive du chômage, a été manigancée, en particulier chez
les minorités raciales, tandis que le gouvernement trafiquait les
statistiques du chômage. La conséquence en fut une série d'émeutes
majeures dans les zones urbaines les plus pauvres. b..
Des tactiques policières peaufinées pendant des années en Irlande du
Nord ont alors été utilisées pour manipuler l’opinion : les attaques
organisées en Irlande par des groupes manipulés avaient alors
conditionné l'esprit du public à la nécessité d'une violence policière
massive de l’armée pour « défendre la loi et l'ordre ». c..
Des dirigeants syndicaux ont été mis en place, dont on savait que, par
la suite, leur comportement ne pourrait que les faire passer pour des
"« lâches », affaiblissant ainsi l'unité parmi les syndicats. d..
Dans les industries où étaient implantées les syndicats les plus forts,
des provocations délibérées ont été utilisées pour susciter des grèves.
Une « guerre d'usure » a été menée par des attaques diffuses et
proportionnées de la part du gouvernement : aucune n'était assez
violente pour que les militants de base des syndicats ne réalisent qu’elles préparaient une confrontation majeure. e..
Quand les syndicats sortaient vainqueurs, de nouvelles lois limitant
les droits des travailleurs à la grève ont été introduites. Le
gouvernement a soigneusement analysé son ennemi, observé ses réactions
et surtout rendu illégaux la plupart de ses moyens de protestation,
annihilant ainsi la capacité des travailleurs à exercer leurs droits et
neutralisant ainsi leur pouvoir. Après
cela, Thatcher était prête pour la bataille finale. Son gouvernement a
été réélu en profitant de l'euphorie nationale générée par la guerre
des Malouines et ses stratèges étaient prêts à affronter n’importe quel
conflit ouvert avec les syndicats et la classe ouvrière. La faiblesse
des syndicats et les nouvelles lois qui empêchaient les grèves sans
vote majoritaire d'un scrutin syndicaliste ont donné au gouvernement
l’autorité et le soutien public nécessaires pour finalement mettre au
pas les travailleurs de l'industrie la plus vulnérable du pays, les
mines de charbon. Les
parallèles avec la France sont trop évidents pour être ignorés. Le même
travail de préparation a commencé. Comme Margaret Thatcher en 1982, M.
Sarkozy est au début d'un nouveau mandat et revendique le soutien de
l’électorat. Margaret Thatcher avait prononcé ces phrases célèbres : «
Il n'y a pas d'autre choix » et « La dame [de fer] n’aime pas le
changement de direction » ; Sarkozy dit : « Nous ne nous rendrons pas
et nous ne battrons pas en retraite... La France a besoin de réformes
pour relever les défis que lui impose le monde. » En
supposant que M. Sarkozy ait retenu quelque chose non seulement des
conflits salariaux britanniques, mais aussi mondiaux, nous avons émis
cette hypothèse il y a deux semaines : 1.
M. Sarkozy cherchera à consolider ses objectifs et à s'assurer que les
médias focalisent l'attention du public sur un point de la réforme où
les syndicats sont les plus faibles et la sympathie du public peu
probable. 2.
Afin de marginaliser davantage les travailleurs dans l'esprit du
public, des évènements violents seront montés en sauce ou provoqués
(opérations false flag) de façon à éloigner les grévistes des « gens
ordinaires ». Les médias monteront en épingle ces questions, de façon
disproportionnée par rapport aux faits concernés. 3.
Les dirigeants syndicaux auront l'air de lapins figés dans les phares
d'une voiture tandis que les médias se focaliseront sur le « mal » des
ces évènements délibérément provoqués. 4.
Les points 1, 2 et 3 entraîneront une division dans l'opposition aux
réformes – cela sera monté en épingle par les médias alors que, selon
toute vraisemblance, la « division » portera sur des détails, et non
sur les principes. Les médias se focaliseront sur ceux qui s'opposent
aux grèves, et pas sur ceux qui ont des griefs valides ne pouvant être
défendus que par la grève. 5.
Les ministres bénéficieront d'un large espace médiatique et d'un large
temps d'antenne pour condamner les grévistes pour leur « égoïsme » et
leur « manque de responsabilité sociale ». Les grévistes seront accusés
de « menacer la grandeur de la France », de « refuser la modernisation
», de « mettre des vies en danger », de « tenir le pays en otage », de
« causer le chaos économique ». 6.
La violence éclatera en des points-clés entre les grévistes et ceux
s'opposant officiellement aux grèves. Dans tous les cas, les grévistes
seront rendus responsables de la violence. On fera appel à la police
pour « supprimer la violence » alors qu'en fait, elle l'enflammera. 7.
Dans les zones des classes ouvrières pauvres, des évènements seront
créés pour générer une réponse violente des « masses » et conditionner
l'esprit du public à la nécessité des violences policières et des CRS «
pour défendre la France ». 8.
Les véritables termes des négociations entre le gouvernement et les
syndicats seront gardés secrets, ou voilés au public. Les vrais termes
seront si désavantageux pour les travailleurs qu'ils ne pourraient
décemment pas les accepter, et pendant ce temps, l'attention du public
sera focalisée sur une « issue ingagnable », une issue qui recueille
peu de sympathie de la part du public. Les travailleurs feront à
nouveau la grève et descendront dans la rue. 9.
À ce moment, la violence éclatera sur les piquets de grève et les CRS
seront envoyés contre les grévistes. De petits groupes de grévistes
seront montrés comme étant très violents. Ces individus (possiblement
des agents provocateurs) seront utilisés pour discréditer tout le
travail du mouvement syndical, et on exigera des dirigeants syndicaux
qu'ils se distancent de la violence, tendant ainsi la victoire à M.
Sarkozy dans l'arène de l'opinion publique et dans les esprits des
travailleurs modérés.
Les
événements de ces deux dernières semaines nous ont donné raison. La
stratégie de M. Sarkozy a suivi nos spéculations à la lettre, mais ce
n'est que le début. On
a permis à M. Sarkozy d'établir le programme de la réforme des
retraites. La provision pour un départ anticipé chez les travailleurs
exerçant des emplois pénibles, comme les chemins de fer, était juste
quand le travail était plus difficile, mais elle est maintenant
largement vue comme dépassée. Un « sabotage » opportunément orchestré a
divisé les syndicats et l'opinion publique, les dirigeants syndicaux
sont restés figés et ont brisé les rangs vendredi dernier, sous le feu
des médias généré par le « sabotage ». La violence « a éclaté » dans
les universités, et il y a 5 nuits, 2 personnes ont été tuées dans un «
accident » avec la police, et des « émeutes » prévisibles se sont
ensuivies pendant trois nuits. Tout se déroule selon le plan ! Un récent article de la presse dominante illustre en grande partie la question : Les Grèves Françaises s'arrêtent AP – 24 novembre 2007 PARIS – Le président français Nicolas Sarkozy s'est concentré sur une bataille gagnable, a divisé l'opposition et semble avoir pris le dessus après neuf jours de grèves chez les cheminots en colère. Pourtant, des tensions subsistent alors que le débrayage a cessé et que le trafic ferroviaire a commencé à reprendre vendredi. La violence des étudiants protestataires a provoqué la fermeture de la Sorbonne et soulevé des inquiétudes sur la façon dont Sarkozy et ses compatriotes résisteront à ses plans laborieux destinés à rénovés une France qui stagne, un France résistante à la réforme. Sarkozy
a remporté ce qui est considéré comme une victoire nécessaire à son
programme de réforme plus général, en faisant face aux cheminots
remontés contre son objectif de les faire travailler plus longtemps
pour bénéficier d'une retraite. « Cette réforme, je l'ai promise, je l'ai tenue », a-t-il déclaré confiant, dans un discours vendredi dernier. Jeudi,
les cheminots se sont mis d'accord pour reprendre le travail sur la
promesse de pourparlers qui pourraient adoucir – mais sans la
compromettre – la réforme des retraites. En
résistant aux cheminots, Sarkozy espérait briser le recours instinctif
des syndicats aux grèves, comme Margaret Thatcher le fit en tenant bon
face aux mineurs de charbon, et comme Ronald Reagan le fit avec les contrôleurs de trafic aérien dans les années 1980. Sarkozy a astucieusement placé une barrière entre les syndicats militants et modérés lors de la grève des transports prolongée, et les socialistes de l'opposition n'ont pas pu résister à ses tactiques guerrières méthodiques. Sarkozy a exprimé l'espoir qu'à l'avenir, les syndicats « préféreront toujours les négociations à la confrontation. » Cela marquerait un changement majeur pour la France. L'élection
de Sarkozy en mai dernier – sur la base d'un programme de « rupture »
dramatique avec le passé – a montré que la plupart des Français étaient
prêts au changement. Les banlieusards depuis longtemps
habitués aux débrayages ont rapidement perdu patience lors de cette
grève des transports, et ont été prompts à critiquer les cheminots
grévistes défendant des privilèges considérés pour la plupart comme
injustes. « Au
moment où la grève s'achève, où la raison l'emporte, ma première pensée
va aux millions de Français... qui n'en peuvent plus après près dix
jours de galère... à ces millions de Français qui n'ont pas à être pris en otage dans un conflit qui ne les concerne pas», a-t-il dit. Mais
des millions ont voté contre Sarkozy et ne sont pas prêts à lui donner
carte blanche. Les pourparlers avec les cheminots seront certainement
tendus, et certains syndicats menacent de nouvelles grèves s'ils
n'obtiennent pas assez de concessions. Et la réforme des retraites n'est qu'un détail que Sarkozy a dans sa manche concernant l'avenir de la France. Il dit que la France a trop de fonctionnaires qui pèsent sur le gouvernement endetté.
Les 5 millions de fonctionnaires de France ne sont pas tous d'accord
avec cela, et beaucoup résistent aux suppressions de postes et
demandent à être mieux payés. Ils ont tenu leur première grève mardi et
menacent de continuer. Le
plan de Sarkozy de renoncer au système rigide et compliqué des contrats
de travail qui sous-tend le système de main-d’œuvre français risque fort d'être un sujet sensible. Et puis il y a les universités récalcitrantes. Le campus de la Sorbonne était fermé vendredi, suite à la violence entre des étudiants protestant contre une réforme du financement des universités et d'autres étudiants essayant d'aller en cours. Les
étudiants ont bloqué le célèbre bâtiment de la Rive Gauche pendant des
jours, mais ont eu recours vendredi à la « violence physique », a
déclaré l'administration, qui a fermé l'école jusqu'à lundi. Les
étudiants des grandes écoles et des universités envisagent de nouvelles
protestations mardi. Les
voyageurs ont salué l'amélioration du trafic vendredi, même si on
s'attend à ce que la reprise totale du trafic ferroviaire national et
des transports publics parisiens et d'autres villes prenne des jours. Avec
un signal clair, la grève se terminait, certaines stations de métro
reommençaient à encaisser les tickets vendredi. Pendant la grève, le
transport sur les quelques rames en circulation était gratuit.
Il
est essentiel que chacun en France comprenne que la question de ces
grèves n'est pas que les cheminots obtiennent un régime de retraite
particulier ou non. Ces grèves sont le tranchant de la lame économique
néolibérale plantée dans l'âme de la France socialiste. Et
pourtant, il semble que la France soit à nouveau endormie et
inconsciente des dangers. La France a été amenée par la ruse à penser
que la question était la réforme des retraites. Un coup d’œil à
l'espace médiatique relatif accordé aux grèves de la SNCF et du métro
montre l'étendue du contrôle de M. Sarkozy. Car tandis qu'une partie de
la grève des cheminots concerne les retraites, de nombreux autres
travailleurs s'opposent à des « réformes » qui illustrent bien mieux la
véritable nature du programme de Sarkozy. En
permettant à M. Sarkozy et aux médias de se focaliser principalement
sur la réforme des retraites, les syndicats ont donné à M. Sarkozy un
énorme avantage. En reculant au moment crucial où les Français
commençaient à voir la valeur de travailleurs dont de nombreuses
personnes aimeraient détruire les droits, les syndicats lui ont tendu
la victoire et ont scindé l'opposition auparavant unie. M.
Sarkozy est un tyran qui a affirmé catégoriquement qu'il n'avait pas à
écouter la volonté des gens. C'est la manière dont Tony Blair a traité
les Britanniques et la manière dont George W. Bush traite les
Américains. Est-ce cela que vous voulez pour la France ? Cela
fait mal à beaucoup d'entre nous, qui se réjouirent lorsque le détesté
Jacques Chirac fit un pied de nez aux Américains et dit « Non ! » à
l'invasion illégale de l'Iraq , de voir ce qui se produit en France ;
il est en fait perturbant de réaliser que M. Sarkozy reçoit un
quelconque soutien. Il est clairement évident que les États-Unis
s'effondrent, le système financier mondial frôle le bord de l'abîme, et
le modèle économique néolibéral a été exposé comme n'étant rien de plus
qu'une version moderne du pillage et de la mise à sac issus d'un passé
obscurantiste. Alors, M. Sarkozy a-t-il perdu la tête ? Ou prévoit-il
d'entraîner la France dans l'abîme avec le reste des Capitalistes du
désastre ? Malgré
ce que M. Sarkozy peut déclarer, d'après mes interactions avec les
citoyens français, le peuple de France n'accepte pas l'hégémonie
mondiale belliqueuse des États-Unis et ne veut pas du cauchemar
américain en France. Plus
que jamais dans son histoire, le peuple de France doit défendre la
Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Ne vous y trompez pas, c'est une
guerre pour la liberté de la France – une guerre de volontés
souterraine – qui doit être menée de front. Mais par-dessus tout, vous
devez résister avec vos cœurs, vos voix et vos corps mêmes à toute
tentative de semer la division parmi vous. Unis vous tenez, divisés
vous tomberez. Notes : (1)
Le néolibéralisme est une étiquette désignant le libéralisme économique
et décrivant la politique gouvernementale qui déclare promouvoir la
concurrence de libre marché dans une économie donnée, et au final,
mondiale. Développé par Milton Friedman et ses disciples à l'Ecole
d'Economie de Chicago – http://en.wikipedia.org/wiki/Neoliberal (2) Voir http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/3502759.stm Traduction française: Christelle F. Note de Futur Quantique :
Cet
article a été soumis à Agoravox, qui en a refusé la publication. Motif
(le lecteur jugera par lui-même du bien-fondé des « arguments »
avancés) : « Nous considérons […] que l'article exprime une opinion personnelle. [!!] Si notre rubrique tribune libre est ouverte à ce type d'article, la question que votre article aborde demande un supplément d'information et d'argumentation [!!]. Nous vous encourageons vivement, à l'avenir, à développer vos propos en veillant aux éclaircissements nécessaires à une bonne compréhension de votre opinion. » [!!]
Article original : http://www.futurquantique.org/la-politique/264-lettre-ouverte-au-peuple-de-france traduit de l'américain de : http://www.sott.net/articles/show/144542-An-Open-Letter-To-The-People-Of-France | February 19 Les temps sont à la révélation des choses du monde
Cet article m'est inspiré par une interview que j'ai entendu en radio ce matin à propos de la situation en Guadeloupe et plus généralement dans les Antilles françaises. En surface, la liste des revendications des guadeloupéens
portent sur des éléments sociaux et économiques pour faire face à la
vie chère LIRE ICI la liste des revendications.
Mais en réalité, lorsque l'on gratte le vernis des apparences, on
trouve bien autre chose. On trouve une vieille bête qui n'est pas morte
malgré ce que l'on pouvait penser. Cette vieille bête est le vestige du
colonialisme et de l'esclavagisme. En Guadeloupe,
la toute grande partie des classes sociales élevées qui possèdent les
richesses, les commerces, les entreprises sont des blancs. Les prix à
la consommation rendent la vie des travailleurs indigènes plus que
difficile et s'apparente à une forme évoluée de soumission des classes
que l'on pourrait nommé "esclavagisme économique" et "domination socio-politique".
Les Antilles étant des îles, il n'est pas compliqué de comprendre qu'une très grande
partie de ce qui se consomme et s'achète dans la vie quotidienne est
importé du continent. Partant de là, les classes sociales qui dominent
le commerce font ressembler les îles à des prisons économiques qui
contraste avec les images paradisiaques de nos cartes postales de
vacances. Ces prisons caraibéennes sont en fait tenue par des mains de
fers plutôt visibles et par le "droit de l'homme blanc".
C'est donc bien, encore une vérité tue et dissimulée dans les limbes
cinquièmement républicaine qui remontent à la surface en ces jours de
débuit de troisième millénaire. Je suis frappé de voir que toutes les
vérités, toutes les plaies non guéries, toutes les douleurs du monde
rejaillissent en ce moment un peu partout dans le monde comme des
"ballons-sondes" qui remontent des profondeurs de l'humanité.
Les événements en Guadeloupe sont un de ces ballons-sondes qui
remontent à la surface des eaux agitées en ces temps peu ordinaires.
Ils nous rappellent que malgré les apparences, l'homme n'a pas réglé
ses vieux conflits ancestraux, qu'il n'a fait que les enrobés dans des
couches et des sous-couches complexes de néo-libéralisme économiques et
juridiques.
Mais au fond, et une fois ces couches et sous couches ôtées, le
coeur de la révélation est amer et âpre car c'est en fait une vieille
tumeur qui rejaillit.
La crise financière n'est pas autre chose que tout cela : un ballon-sonde qui remonte à la surface et qui nous rappelle que derrière nos
droits de l'homme (blanc), nos sophistications et nos efforts de
civilisation et de colonisation de tous types et genres; la toute
grande majorité des humains qui marchent dans la douleur sur cette
terre sont des esclaves économiques enchaînés au boulet de l'argent et
de ses servitudes.
Nous sommes tous des créoles.
February 11 Perversions sionistes : tourisme de guerre/voyeurisme
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Écrit par planète non-violence
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THURSDAY, 15 JANUARY 2009 20:52
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Planète non-violence, 15 janvier 2009  Chaque jour, les massacres commis par l’armée israélienne avec
l’assentiment de la majorité de sa population se font plus indicibles.
On est saisis d’horreur en voyant les photos, en regardant les vidéos,
en lisant les témoignages. Israël, dans son aveuglement, semble
déterminer à en finir, et à entraîner le plus de monde possible dans sa
chute. Au fond, à qui cette situation profite-t-elle ? En d’autres
termes : Cui bono ? (À qui profite le crime ?). À terme, certainement pas à Israël. Pour
apporter un début de réponse, peut-être est-il utile de lire cette
analyse perspicace tirée de l’ouvrage de Laura Knight-Jadczyk et Joe Quinn, 11 septembre, l’ultime vérité :La
nation d’Israël, le peuple juif, ont tant souffert et pendant si
longtemps qu’ils ne savent tout simplement plus en qui avoir confiance.
Sur ce,
arrivent des religieux fanatiques – les sionistes – qui font tout leur
possible pour attiser les sentiments antisémites, et qui appellent tous
leurs frères juifs à s’unir et à se rassembler en Israël – la Terre
Promise de leur religion ; un scénario qui s’est déjà produit de
nombreuses fois au cours de l’Histoire. Observer cette tendance
auto-destructrice est non seulement douloureux, mais laisse aussi un
sentiment de désespoir. Ça ne va pas recommencer ! Cela
nous attriste, car nous entendons des réactions d’écœurement s’élever
d’un peu partout. C’est d’elles que se nourrit le mouvement des brutes
néo-nazies ; on l’entend même à la caisse du supermarché. Ce
torrent de colère et d’amertume creuse son sillon dans l’inconscient
des non-juifs, et ouvrira la voie à un nouvel Hitler. Seulement, cette
fois, ce ne sera pas qu’une histoire de conflit entre un Allemand et
des forces alliées prêtes à lui faire mordre la poussière. Il poussera
à nouveau ce cri hideux, ce cri qui semblera justifié par les actions
des juifs eux-mêmes, qui auront marché droit dans le piège. Tous les
problèmes seront présentés comme venant des juifs, d’Israël… et il (ou
ils) proposeront une solution très simple à ces problèmes : ils feront
remarquer que les juifs sont tous rassemblés en un seul lieu (ou
du moins, qu’ils sont tous repérables, puisqu’ils appartiennent tous à
des clubs ou des synagogues – en effet, ces bons sionistes ont tout
fait pour les rassembler au sein du troupeau) ; alors, on pourra
ressusciter la « Solution Finale ». Et l’humanité ne se rendra pas
compte qu’elle s’est fait avoir. Depuis le
déclenchement de la Guerre d'extermination contre la population
Palestinienne de Gaza, le Sionisme s'est férocement "lâché" et montre
désormais son vrai visage, celui d'une idéologie coloniale fasciste
raciste qui pratique la terreur à grande échelle contre les
Palestiniens mais aussi contre les Juifs du monde entier sommés
d'apporter leur soutien et de le manifester sans vergogne sur la place
publique, incitant ainsi à l'antisémitisme (ce que veulent les
Sionistes) ou d'être calomniés et traités comme des pestiférés, car
selon cette doctrine sectaire mortifère, sans l' " Etat d'Israël"
(Eretz Israël) point de salut pour eux.
En effet les sionistes encouragent l'antisémitisme, qui sert leurs
objectifs. Lors de la Seconde Guerre mondiale, des sionistes
s'entendirent avec les nazis sur la persécution des juifs. Une telle
union peut paraître absurde, mais c'est en réalité tout à fait logique,
quand on connaît la psychopathie. La grande différence entre les
humains n'est pas une différence de "race" ou de religion, mais de
conscience : les psychopathes en sont dépourvus. En prédateurs dénués
de scrupule et de capacité d'empathie, ils s' "unissent" naturellement
pour exploiter et détruire les non-psychopathes – cette société d'êtres
humains normaux qui menacent leur règne par le simple fait de leur
existence. En
novembre 1947, en plein après-guerre [...], les Nations unies (fondées
à la fin de la Seconde Guerre mondiale) votèrent la partition de la
Palestine en un État juif et un État arabe. On pourrait aller jusqu’à
dire que ce vote fut la conséquence directe des événements de la
Seconde Guerre mondiale, et beaucoup
suggérèrent que les sionistes avaient été complices du meurtre de
millions de juifs dans le but exprès de susciter un sentiment de
culpabilité et de compassion à l’égard du peuple juif, afin de le
placer dans une position de « droit moral » irréfutable envers la
Palestine. À ce propos, le lecteur sera peut-être intéressé par la lecture de l’ouvrage de Lenni Brenner, 51 Documents : Zionist Collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT], qui
contient de nombreux documents historiques prouvant que certains
sionistes encouragèrent l’Holocauste juif, afin de justifier
l’établissement d’un « foyer national » juif en Palestine. […] La
société sioniste israélienne, intellectuels, universitaires inclus, est
agitée par un profond déni de l'odieuse réalité dans laquelle elle a
plongé toute la population Palestinienne de Gaza, signe qu'elle est
profondemment et dangereusement psychotique. Qui va enfin oser passer la camisole de force au Sionisme ? Il semble qu’un certain nombre d’Israéliens et de sionistes de par le monde souffrent d'un déni de réalité : Stanley
Cohen décrit le déni comme un « mécanisme de défense inconscient
permettant de supporter la culpabilité, l’anxiété et autres émotions
perturbantes suscitées par la réalité ». [Le
déni peut être délibéré et intentionnel, de même que totalement
subconscient. Un individu qui nie délibérément et intentionnellement
quelque chose, use, à un niveau individuel, de mensonge, de
dissimulation et de tromperie] Les différents types de déni incluraient : – Le déni d’objet – Le déni de sens – Le déni de conséquences Ils
vont de la pure et simple négation de la réalité de faits constatés, au
changement du sens d’une expérience donnée, jusqu’au refus des
conséquences morales de la reconnaissance profonde d’une vérité donnée.
[The Wave, Book 2, Laura Knight-Jadczyk]
Déni
de réalité inconscient, en ce qui concerne des êtres humains normaux
(non psychopathiques) profondément ponérisés (pour reprendre la
terminologie de Ponérologie Politique ).
Quant aux psychopathes, ils sont parfaitement conscients du mal qu'ils
infligent et en jouissent sciemment. Quand on voit que nombre
d’Israéliens se réunissent pour assister au massacre d’autres êtres
humains, on se croirait revenus aux Jeux du cirque, et quand on met ce
fait en relation avec ce passage de 11 septembre, l'ultime vérité, on peut se demander quel pourcentage d'Israéliens ont des gènes psychopathiques: Dans son ouvrage 51 Documents : Zionist collaboration with the Nazis [51 documents sur la collaboration des sionistes avec les nazis – NdT],
Lenni Brenner présente des documents historiques qui démontrent que
certains dirigeants sionistes ont pris part à la « sélection » des
juifs qui devaient, ou ne devaient pas, aller à la mort durant la
Seconde Guerre mondiale. Je
formule l’hypothèse que cette manœuvre s’est certainement appuyée sur
la « connaissance spéciale » des psychopathes, et leur capacité à
reconnaître les autres psychopathes. Aussi, une réduction sélective du
« troupeau » des véritables juifs fut-elle un des premiers points à
l’ordre du jour, dans le but de créer une « race de maîtres » qui
contrôle et dirige la fin de partie du jeu psychopathique actuel. Il
semble que cette fin de partie ait requis l’établissement d’une terre
juive sur le sol palestinien, ce qui fut par « coïncidence » rendu
possible, pour une large part, par l’Holocauste juif, facilité et
encouragé par les leaders sionistes psychopathes. Si
cette hypothèse correspond un tant soit peu à la réalité – et il y a de
bonnes raisons de penser que c’est le cas – alors cela pourrait très
bien expliquer la recherche portant sur les prétendues « armes à
spécificité ethnique », qui cibleraient tout le monde excepté les
psychopathes génétiques. La colline de la honte Parash
Hill (colline Parash), une reserve naturelle située dans le Sud
d'Israël, constitue un endroit idéal pour picniquer, entourée de champs
verdoyants dans un environnement quasi désertique, et une vue
plongeante jusqu'à la Méditérranée. Ces dernères semaines, c'est devenu
le point de rendez vous incontournable pour une nation obscédée par les
"glorieux" faits de guerre de son idole, l'armée. Parash est
actuellement l'endroit de rassemblement des sionistes israéliens qui
s'adonnent à l'une de leurs perversions préférées : celle de regarder
la machine de guerre ultra moderne des SS - Soldats Sionistes -
massacrer des civils palestiniens par centaines. Ils
s'y précipitent, équipés de jumelles, viennent en famille et prennent
des photos. Ils justifient les massacres de centaines d'enfants en
disant que de toute façon ils seraient devenus des "terroristes". Ils
regardent avec une jubilation à peine contenue les massacres perpétrés
par une armée super équipée qui, pour la premiere fois dans l'histoire
de l'humanité, lance des attaques aériennes massives, des barrages
d'artillerie par mer et terre, sur une population civile affamée,
enfermée, qui n'a nulle part où aller. Cette
obscession à contempler la violence s'est attirée les critiques de
quelques rares compatriotes qui ont surnommé cette colline, la "colline
de la honte". Mais la vaste majorité des sionistes israéliens
approuvent ce nouveau genre de "tourisme de guerre". La barbarie
sioniste est sans limite. Les Nazis aussi contemplaient les massacres
de leurs victimes dans les camps d'extermination avec une jubilation
perverse. Sur
l'éternelle "victimisation" outil de propagande sioniste pour
terroriser les Juifs et, en plus de les terroriser, culpabiliser les
Non Juifs : "
Quand donc le mandat de la victimisation expire t-il ? Quand on en est
arrivé à une telle situation, le génocide nazi des Juifs d'Europe
cesse-t-il d'excuser l'Etat d'Israël pour ne pas respecter le Droit
International et la simple humanité ?" Fintan O'Tool, Irish Times Sur la complicité des mass médias : "
Mon moment préferé, c'est quand j'ai fait remarqué que les journalistes
devraient être du côté de ceux qui souffrent. Si on faisait un
reportage sur le commerce des esclaves au XVIIIème siècle, j'ai dit,
nous ne donnerions pas le même temps de parole au capitaine du navire
transportant les esclaves dans nos articles. Si nous couvrions la
libération d'un camp de concentration nazi, nous ne donnerions pas le
même temps de parole au porte parole des SS...." Robert
Fisk, correspondant du quotidien britannique "The Independent" au Moyen
Orient, lors d'une conference. Il s'est cependant ensuite bien vite
défendu de vouloir faire la comparaison Sionisme Nazisme. Son courage a
des limites Il a lui même été témoin au Liban de ce dont étaient
capables les Sionistes, notamment à Sabra et Chatila. Lors des
massacres de Sabra et Chatila, ils avaient utilisé des supplétifs de la
Phalange Chrétienne. A Gaza, ils ont décidé de faire le sale boulot eux
mêmes grâce aux moyens high tech dont leur armée dispose. Trancher les
gorges ou eventrer les femmes enceintes à la baillonnette ou au couteau
c'est répugnant, c'est plus propre de le faire avec des missiles DIME.
A deux mètres les victimes sont litteralement coupées en deux, à dix
mètres elles ont un membre sectionné. C'est
clean non ! Enfin pour ceux qui exécutent leurs missions dissimulés
lâchement dans le cokpit de leurs avions et qui resentent en larguant
leurs missiles juste un petit "tressautement".
|  February 09 ¡Que se vayan todos! – voilà ce qui dit le mécontentement mondial
 Par Naomi Klein
The Guardian, le 8 février 2009
article original : "¡Que se vayan todos! – that’s the global backlash talking"
Le monde ne se soulève pas seulement contre les élites qui gouvernent –
mais aussi contre le modèle du capitalisme dérégulé dans son ensemble
En regardant les Islandais taper sur des pots et des casseroles
jusqu’à ce que leur gouvernement tombe, je me suis souvenue d’un slogan
populaire des cercles anticapitalistes de 2002 : « Vous êtes Enron.
Nous sommes l’Argentine. »
Son message était assez simple. Vous – les politiques et les PDG qui
vous pressez aux forums économiques – êtes les cadres impitoyables et
les escrocs d’Enron (bien sûr, nous n’en connaissions pas la moitié).
Nous – la populace – sommes comme le peuple argentin, lequel, au milieu
d’une crise économique effroyablement comparable à la nôtre, est
descendu dans la rue en frappant sur des pots et des casseroles. Ils
scandaient : « ¡Que se vayan todos! » [Qu’ils s’en aillent tous] – et
ils ont forcé quatre présidents successifs à partir en moins de trois
semaines. Ce qui rend unique le soulèvement argentin de 2001-2002 est
qu’il n’était pas dirigé contre un parti politique en particulier ou
même contre la corruption en général. Sa cible était le modèle
économique dominant : ce fut la première révolte nationale contre le
capitalisme contemporain dérégulé.
Cela a pris du temps, mais de l’Islande à la Lettonie et de la Corée du
Sud à la Grèce, le reste du monde a finalement son moment ¡Que se vayan
todos!
Les matrones islandaises stoïques frappant sur leurs pots alors même
que leurs gosses mettent le frigo à sac pour trouver des projectiles
(des œufs, c’est sûr, mais des yaourts ?) font écho aux tactiques
devenues célèbres à Buenos Aires. Tout comme la colère collective
envers les élites qui ont saccagé un pays autrefois florissant et qui
pensaient pouvoir s’en tirer à bon compte. Ainsi que Gudrun Jonsdottir,
une employée de bureau islandaise de 36 ans, le dit : « J’en ai assez !
Je ne fais pas confiance au gouvernement, je ne fais pas confiance aux
banques, je ne fais pas confiance aux partis politiques et je ne fais
pas confiance au FMI. Nous avions un bon pays et ils l’ont ruiné. »
Un autre écho : à Reykjavik, les manifestants ne se laisseront pas
acheter par un simple changement de visage au sommet de l’Etat (même si
le nouveau Premier ministre est une lesbienne). Ils veulent des aides
pour les personnes, pas seulement pour les banques ; ils veulent des
enquêtes judiciaires sur la débâcle et une réforme électorale profonde.
On peut entendre des exigences similaires en Lettonie, dont l’économie
s’est contractée plus brutalement que n’importe quel autre pays de l’UE
et où le gouvernement vacille. Pendant des semaines, la capitale a été
secouée par les manifestations, dont une émeute à grande échelle, le 13
janvier, avec lancer de pavés. Comme en Islande, les Lettons sont
scandalisés par le refus de leurs dirigeants de reconnaître la moindre
responsabilité dans ce désastre. Interrogé par Bloomberg TV sur ce qui
a déclenché la crise, le ministre de finances letton a haussé les
épaules en disant : « Rien de particulier ».
Mais les problèmes de la Lettonie sont vraiment particuliers : la
politique qui a permis au « tigre de la Baltique » de croître à un
rythme de 12% en 2006 l’amène aussi à se contracter violemment, selon
les prévisions, de 10% cette année : l’argent, libéré de toute entrave,
sort aussi vite qu’il rentre, avec une grande part qui est détournée
vers les poches des politiciens. (Ce n’est pas une coïncidence si
beaucoup des grands invalides d’aujourd’hui sont les « miracles »
d’hier : l’Irlande, l’Estonie, l’Islande, la Lettonie).
En Lettonie, une grande partie de la colère populaire s’est concentrée
contre les mesures d’austérité du gouvernement – licenciements massifs,
services sociaux réduits et salaires du secteur public considérablement
réduits – toutes qualifiant la Lettonie pour un prêt d’urgence du FMI
(non, rien n’a changé). En Grèce, les émeutes de décembre ont fait
suite à la mort d’un jeune de 15 ans, abattu par la police. Mais ce qui
a conduit ce mouvement à se poursuivre, avec les agriculteurs prenant
la tête des étudiants, est une colère généralisée contre la réponse
donnée par le gouvernement à la crise : les banques ont obtenu 36
milliards d’euros de subventions tandis que les travailleurs ont vu
leurs pensions réduites et les agriculteurs n’ont quasiment rien reçu.
Malgré le désagrément causé par les tracteurs qui bloquent les routes,
78% des Grecs disent que les exigences des agriculteurs sont
raisonnables. De façon similaire, la récente grève générale en France –
déclenchée en partie par les plans du Président Sarkozy de réduire de
façon spectaculaire le nombre d’enseignants – a inspiré le soutien de
70% de la population.
Peut-être que le fil conducteur le plus solide de cette réaction
violente mondiale est le rejet de la logique de « la politique
extraordinaire » - une expression créée par le politicien polonais
Leszek Balcerowicz pour décrire comment, dans une crise, les
politiciens peuvent ignorer les règles législatives et se ruer vers des
« réformes » impopulaires. Le truc commence à être usé, ainsi que le
gouvernement sud-coréen l’a découvert récemment. En décembre, le parti
au pouvoir a essayé d’utiliser la crise pour foncer tête baissée dans
un accord de libre-échange hautement controversé avec les Etats-Unis.
Emmenant la politique des coulisses vers de nouveaux extrêmes, les
législateurs se sont enfermés dans la chambre afin de pouvoir voter à
huis clos, barricadant la porte avec des bureaux, des chaises et des
canapés.
L’opposition en a eu assez : avec des marteaux-piqueurs et une scie
électrique, ils sont entrés de force et ont organisé un sit-in de 12
jours dans le parlement. Le vote a été retardé, accordant plus de temps
pour le débat – une victoire pour une nouvelle sorte de « politique
extraordinaire ».
Le modèle est clair : les gouvernements qui répondent à une crise créée
par l’idéologie du libre-échange par une accélération de ce même
programme discrédité ne survivront pas pour raconter l’histoire. Comme
les étudiants italiens sont descendus dans la rue en criant : « Nous ne
paierons pas pour votre crise ! »
Traduit de l'anglais par [JFG/QuestionsCritiques]
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